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Election présidentielle en Iran : la revanche des réformateurs ?

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Election présidentielle en Iran : la revanche des réformateurs ?

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Les réformateurs iraniens vont-ils prendre leur revanche sur la présidentielle de 2009 ? Ce scénario semble en tout cas plausible alors que, selon une source iranienne fiable basée aux Etats-Unis, des résultats partiels dévoilés par le ministère de l’intérieur donneraient le candidat commun aux réformateurs et aux modérés, Hassan Rohani, en tête, devant le maire de Téhéran, Mohammad Bagher Ghalibaf. Le favori du camp conservateur, Saïd Jalili, ne serait que troisième. Une information à prendre avec précaution, certes, à ce stade.

En tout cas, cette élection présidentielle semble caractérisée par une participation massive. Du fait de la forte affluence, certains bureaux de vote sont restés ouverts cinq heures de plus que prévu pour fermer à 23h00 locales. Les premières estimations donnent la participation entre 70 et 75%. En 2009, elle avait atteint le taux record de 85%.

Les premiers résultats officiels pourraient être annoncés demain, samedi. Le Conseil des gardiens de la Constitution, qui supervise le scrutin, a prévenu que personne n’avait “le droit de se déclarer vainqueur avant”. Une consigne respectée par les candidats qui ont appelé leurs sympathisants au calme dans l’attente des résultats. Le régime garde en mémoire le scénario qui a failli sonner sa perte en 2009 : le réformateur Mir Hossein Moussavi avait annoncé sa victoire peu après la clôture du scrutin, avant que le Conseil des gardiens de la révolution ne déclare officiellement Mahmoud Ahmadinejad vainqueur.

S’en était suivi la fameuse vague verte de contestation, dénonçant une fraude électorale massive, contestation qui avait été sévèrement réprimée. Les candidats réformateurs malheureux, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi, sont d’ailleurs en résidence surveillée depuis 2011.

Le taux de participation définitif et les premiers résultats partiels devraient être communiqués samedi matin. Quelque 50,5 millions d‘électeurs étaient appelés aux urnes pour élire le successeur du président Mahmoud Ahmadinejad. Ce dernier a voté très tard pour un président sortant – vers 17h30. Il vient d’achever deux mandats consécutifs de quatre ans, le maximum autorisé par la constitution.

Le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a lui été un des premiers à voter et a appelé les électeurs à se rendre aux urnes en masse. Ali Khamenei est guide suprême depuis la mort de l’Ayatollah Khomeini en 1989. Il est au sommet de la pyramide des pouvoirs de la république islamique, au-dessus du Président. C’est lui qui commande notamment les forces armées et dirige la politique étrangère.

Six candidats sont en lice et ce scrutin pourrait permettre aux réformateurs et modérés de prendre leur revanche sur 2009. Ils se sont unis derrière un candidat commun, Hassan Rohani, un religieux de 64 ans. Il a par le passé été négociateur nucléaire. En 2003, alors qu’il dirigeait les discussions avec les puissances occidentales, l’Iran avait accepté de suspendre son programme d’enrichissement d’uranium, relancé en 2005.

Il a pour lui les divisions du camp conservateur, qui présente trois candidats : l’ex-chef de la diplomatie Ali Akbar Velayati, 68 ans, dans les arcanes du pouvoir depuis la révolution islamique de 1979, le maire de Téhéran Mohammad Bagher Ghalibaf, 51 ans, au fort passé militaire et policier, et le chef des négociateurs nucléaires Saïd Jalili, proche de Khamenei. Il est surtout connu, à l‘étranger pour être un négociateur revêche et inflexible sur la question nucléaire. Il évoque d’ailleurs régulièrement les assassinats de scientifiques liés au programme iranien.

Les deux autres candidats, Mohsen Rezaï et Mohammad Gharazi, n’ont pratiquement aucune chance.

Si aucun des six candidats n’obtient plus de 50% des voix, un second tour départagera les deux meilleurs scores le 21 juin.