DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Bulgarie : le parlement annule une nomination controversée après une vague de manifestation

Vous lisez:

Bulgarie : le parlement annule une nomination controversée après une vague de manifestation

Taille du texte Aa Aa

Le parlement bulgare a annulé mercredi la nomination controversée du député Delyan Peevski à la tête de l’Agence de sécurité nationale (DANS), qui a déclenché une vague de manifestations depuis vendredi contre la soumission du pouvoir à l’oligarchie.

L’annulation a été votée à l’unanimité par les 128 députés présents, alors que le plus grand groupe parlementaire du parti conservateur Gerb de l’ex-Premier ministre Boïko Borissov a boycotté le parlement.

Le choix du député du parti de la minorité musulmane MDL, Delyan Peevski, 32 ans et sans aucune expérience au sein des services de sécurité, avait suscité de vives réactions, y compris du chef de l’Etat Rossen Plevneliev.

“J’ai commis une faute politique (avec la nomination de M. Peevski), ce dont je m’excuse auprès des citoyens bulgares”, a déclaré le Premier ministre Plamen Orecharski mercredi au parlement, tout en réaffirmant son refus de démissionner.

“Une démission du gouvernement mettra en doute l’issue des négociations” avec Bruxelles sur le financement européen pour 2014-2020. Des élections immédiates sans amendement du code électoral reproduiront le parlement existant et “provoqueront un chaos”, a-t-il estimé.

Magnat de la presse lié à une banque puissante, M. Peevski soutenait Boïko Borissov, renversé en février sous la pression de la rue, puis a misé sur la victoire de l’opposition. Il jouit d’une réputation controversée en raison de sa richesse inexplicable et son influence dans des médias contrôlés par sa famille. Sa nomination avait provoqué des manifestations immédiates dans tout le pays vendredi.

Les protestations se sont poursuivies les jours suivants et se sont dirigées contre le gouvernement de l‘économiste Plamen Orecharski en place depuis trois semaines seulement. De nouveaux rassemblements sont prévus à Sofia mercredi dans la soirée.

M. Orecharski, qui se rend jeudi à Bruxelles, a demandé mercredi au parlement “un soutien provisoire pour un paquet de mesures d’urgence de stabilisation” en faveur des milieux défavorisés et en vue d’améliorer le climat des affaires. Un mois après les élections du 12 mai, l’opinion publique est polarisée: 51% réclament une démission du gouvernement et 48% veulent qu’il reste en place, selon un sondage de l’institut Alpha Research publié mercredi. Et 85% des personnes interrogés soutiennent le mouvement de protestation déclenché par la nomination de M. Peevski.

Les chances de longévité de ce gouvernement soutenu par les socialistes (PSB) et le MDL sont jugées limitées: 37% estiment qu’il ne survivra que quelques mois, 20% lui donnent un an jusqu’aux élections européennes en mai. Seulement 18% pensent qu’il accomplira son mandat de quatre ans. “Jamais jusqu‘à présent l’opinion publique n’a été aussi négative un mois après des élections”, indique l’institut. L’attitude négative vis à vis du MDL, tant pour des raisons nationalistes qu’en raison de soupçons de népotisme, fait aussi dégringoler le soutien envers son allié socialiste de 32% en un mois.

Le président du PSB Serguei Stanichev, dont la démission est réclamée au sein de son parti, a expliqué mercredi la nomination de M. Peevski par “sa volonté de prendre un risque personnel pour livrer un combat” efficace contre la criminalité et la corruption. En vue de calmer l’opinion publique, Lutvi Mestan, président du MDL qui soutient le gouvernement avec le PSB, a assuré que M. Peevski n’apparaîtrait plus au parlement avant une décision de la cour constitutionnelle sur son droit de récupérer ses fonctions de député.

AFP