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WikiLeaks : Assange reclus depuis un an à Londres


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WikiLeaks : Assange reclus depuis un an à Londres

Un an que Julien Assange est cloitré dans l’ambassade d‘Équateur à Londres. Le fondateur de WikiLeaks s’y est réfugié pour échapper à un mandat d’arrêt suédois qui l’accuse de viol et d’agressions sexuelles. Mais l’Australien craint surtout d‘être ensuite transféré aux États-Unis où il risquerait jusqu‘à la peine de mort pour avoir publié sur son site des centaines de milliers de documents secrets américains.

Retranché depuis un an au cœur de Londres, l’homme de 41 ans vit retranché dans un simple appartement de l’ambassade équatorienne.

Le 19 juin 2012, le président équatorien Rafael Correa a offert l’asile politique au cybermilitant. Depuis, le bâtiment diplomatique lui sert de réel refuge car la Grande-Bretagne l’a averti : il suffirait qu’il mette un pied en dehors de l’ambassade pour que les autorités appliquent le mandat d’arrêt et l’extradent vers la Suède. L‘édifice est surveillé jour et nuit. Assange se doute bien qu’une fois en Suède, il sera également extradé aux États-Unis où Washington est, selon lui, déterminé à lui faire payer l’affaire des données WikiLeaks.

Un cas qui piétine

Depuis un an, les diplomates de l‘Équateur et du Royaume-Uni tentent de résoudre une situation épineuse. Les ministres des Affaires étrangères des deux pays se sont régulièrement rencontrés pour discuter de ce cas et tenter de sortir de l’impasse, mais en vain.

Dernièrement, le Royaume-Uni, la Suède, les États-Unis, l‘Équateur et l’Australie ont annoncé la création d’un groupe de travail visant à trouver une solution diplomatique à l’imbroglio.

Un enjeu diplomatique

Perdus dans les limbes de la diplomatie, Assange peut compter sur le soutien indéfectible de Quito. Si le pays est réputé pour son indépendance vis-à-vis des États-Unis, sa prétendue volonté de défendre la liberté d’expression en soutenant WikiLeaks a de quoi surprendre. En effet, le régime de Correa est connu pour sa politique autoritaire voire répressive envers les journalistes. Le gouvernement a pour programme politique d’imposer progressivement des médias d‘État au détriment des médias privés.

Mais ce qui importune surtout outre-Atlantique, c’est le comportement ouvertement anti-américain de l’Equateur et de ses voisins qui aspirent à faire du cas Assange un “trophée anti-américain”. La thèse s’est confirmée en Russie où Vladimir Poutine, pourtant pas franchement attaché à la liberté d’expression, a annoncé considérer la demande d’asile de cas similaires à Julien Assange, notamment pour Edward Snowden, un Américain de 29 ans, ancien employé de la CIA . L’homme a, quant à lui, trouvé refuge à Hong-Kong après avoir révélé des information sur l’agence américaine de sécurité nationale, la NSA.

Une détermination affichée

Assange brise régulièrement le statu quo dans les médias où il accorde parfois des interviews. Ses positions n’ont pas changé. D’ailleurs, équipé d’un ordinateur et d’internet, l’informaticien poursuit son activité et travaille toujours ouvertement pour WikiLeaks : “17 heures par jour, 7 jours sur 7”, selon ses dires. Les quatre policiers postés en permanence devant l’ambassade voient passer de nombreux visiteurs puisqu’il reçoit des proches, des militants et même des célébrités. La chanteuse Lady Gaga, Jean-Luc Mélenchon et d’autres personnalités du monde sont venus rencontrer l’homme dans son deux-pièces situé à deux pas des grands magasins Harrods.

Le cybermilitant a récemment déclaré avoir “suffisamment de forces” pour tenir encore cinq ans supplémentaires dans l’ambassade. A la question de l’AFP de savoir comment il surmonte les difficultés inhérentes à l’enfermement, il a répondu : “Mon esprit n’est pas enfermé.”

Le fondateur de WikiLeaks avait publié en 2010 des centaines de milliers de documents secrets américains sur son site internet, provoquant la colère foudroyante de la Maison Blanche.

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