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L'émancipation réussie de la musique Gnaoua


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L'émancipation réussie de la musique Gnaoua

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La ville marocaine d’Essaouira a résonné aux sons des musiques du monde, à l’occasion du festival Gnaoua, véritable ‘‘melting pot’‘ de cultures, à l’image de cette collaboration entre l’artiste marocain Mehdi Nassouli et la chanteuse germano-nigérianne Nneka, qui dit refuser toutes formes d‘étiquettes : ‘‘J’aborde dans mes chansons des problèmes de société au Nigeria, parce que j’y suis né, j’y ai grandi. Mais j’essaye surtout d‘être moi-même, de trouver ma place dans la musique et dans le monde en général, pas seulement au Nigeria ou en Allemagne. Je pense être un esprit libre, je pioche un peu dans chaque culture’‘, explique-t-elle, avant d’ajouter : ‘‘Si tout était calme, tranquille, s’il n’y avait pas de souffrance, je pense qu’il n’y aurait pas de musique.’‘

Un son aux accents reggae, soul et hip hop, associé, le temps d’un concert, à la musique de Medhi Nassouli, qui puise ses influences dans la culture traditionnelle Gnaoua. Et le duo a tenu sur scène toutes ses promesses.

Mehdi Nassouli fait partie de cette génération d’artistes ayant contribué à moderniser la musique Gnaoua. Il joue sur un guembri électrique, très éloigné des instruments acoustiques traditionnels des maîtres du Gnaoua, comme Omar Hayat. ‘‘Si l’instrument fonctionne bien, c’est une bonne chose car ça permet à la musique gnaoua d‘évoluer, de se développer. Donc c’est positif’‘, explique Omar. Mais il y a des différences entre les deux instruments que le maître semble toutefois avoir du mal à maîtriser…

La fusion réussie entre le son Gnaoua et divers genres musicaux a servi de vitrine aux musiciens traditionnels. Ces derniers ont vu leur statut social et leur réputation évoluer au cours des dernières années. ‘‘En fait, avant la création de ce festival, les Gnaouas étaient des musiciens extrêmement marginalisés. Ils représentaient une minorité de musiciens qui n‘étaient pas reconnus comme tels; ils chantaient, dansaient dans les rues, et les gens leur donnaient une pièce. Ils étaient un peu considérés comme des mendiants’‘, explique la directrice du festival Neïla Tazi Abd.

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