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Martin Amis, une vie partagée entre ambition et anxiété

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Martin Amis, une vie partagée entre ambition et anxiété

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On le surnomme l’enfant terrible des lettres anglaises, et son élégance lui a valu le titre du Mike Jagger de la littérature. Martin Amis, du haut de ses 63 ans, en est à son treizième livre. L’auteur du “Dossier Rachel”, “Money Money”, ou encore “London Fields” est considéré comme l’un des romanciers britanniques les plus doués de son époque. Sa venue aux Assises internationales du Roman à Lyon, en juin 2013, a attiré les foules. Il est venu faire la promotion de son dernier livre “Lionel Asbo, l‘état de l’Angleterre”, un roman sur les classes populaires britanniques. Il a également présenté son prochain roman sur l’Holocauste, une histoire d’amour qui prend place dans un camp de concentration nazi.

Pour Martin Amis, il est impossible d‘écrire sur l’Holocauste sans souffrir. “La vie d’un écrivain se partage entre l’ambition et l’anxiété, et il faut qu’il y ai les deux. Ce n’est pas normal de se sentir bien en écrivant un roman, et ce n’est pas bon non plus d‘être malheureux. C’est ce mélange là d’anxiété et d’ambition que vous ressentez pour chaque roman, et plus encore lorsque vous abordez la souffrance humaine” explique-t-il.

Martin Amis a écrit son premier livre à 22 ans. A 63 ans, il parle de son désir d’immortalité : “Tout le monde veut être immortel, mais les écrivains plus que quiconque. Car seul le temps est juge de notre art, personne d’autre. Le reste, les critiques etc, c’est juste de la rhétorique. Si on parle encore de vous un siècle plus tard, c’est déjà une belle reconnaissance. Quand je vois des jeunes lecteurs avec mes livres, je les regarde avec un intérêt tout particulier, parce que je sais que quand je mourrai, je serai lu pendant encore trente ou quarante ans”.

L‘écrivain a quitté l’Europe pour les Etats-Unis pour des raisons familiales. Une Europe en plein naufrage économique. Pour lui, c‘était le bon moment de prendre le large, mais il reste attaché à ses terres d’origine. “Je pense que l’Europe est suffisamment résistante et elle a une longue histoire. Elle a été le centre du monde pendant cinq siècles et a été à l’origine des idées qui ont façonné notre monde. Mais peut-être que l’Europe est en déclin, un déclin géo-stratégique”.

Image credit: Maximilian Schönherr (CC)