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Tunisie : sortie de prison pour trois "Femen"

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Tunisie : sortie de prison pour trois "Femen"

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Mercredi 26 juin, aux alentours de 22h GMT, la cour d’appel de Tunis a commué la peine de prison ferme des trois militantes FEMEN européennes en peine avec sursis. Condamnées à 4 mois et un jour de prison avec sursis, elles ont donc quitté la prison pour femmes dans laquelle elles étaient incarcérées depuis près d’un mois.

C’est un soulagement pour l’organisation féministe : les trois membres du collectif FEMEN, deux Françaises et une Allemande ont été libérées mercredi dans la nuit. Elles ont quitté la prison pour femmes de la Manouba aux alentours de minuit, pour se rendre au Ministère de l’Intérieur afin d’accomplir les dernières formalités nécessaires à leur libération. Elles ont été ensuite conduites à l’aéroport de Tunis-Carthage, afin de repartir pour l’Europe. D’après une source aéroportuaire, les trois militantes sont arrivées à Paris-Orly vers 11h30 ce jeudi matin.

Détenues depuis le 29 mai suite à leur action de soutien à leur consœur incarcérée Amina Sbouï, les militantes européennes ont énoncé pour la première fois des regrets. La militante allemande Josephine Markmann s’est même excusée de cet acte durant l’audience de la cour d’appel. Profil bas adopté également par la Française Pauline Hillier, qui a même affirmé qu’il était « hors de question pour [elles] de recommencer. »

Cette attitude est toutefois surprenante de la part de celles qui font habituellement peu de cas des réactions qu’elles suscitent, et qui se réjouissent de choquer. Preuve en est l’un des slogans qu’elles arborent habituellement sur leurs poitrines dénudées, « Fuck your morals », assez peu équivoque.
Inna Schevchenko, la porte-parole de l’organisation basée à Paris, dénonce des « pressions psychologiques sans précédents » exercées sur les prisonnières. C’est pour elle la seule explication à ce « retournement inattendu de la situation», et déclare attendre que ses activistes soient en lieu sûr afin de tirer la situation au clair.

Toutefois, si la bataille pour les FEMEN européennes est terminée, le combat pour la liberté des FEMEN en Tunisie n’est pas fini : les avocats français des militantes, Me Patrick Klugman et Me Ivan Terel n’oublient pas que Amina Sbouï est toujours en détention provisoire, et déclarent ne pas avoir l’intention de la laisser «croupir en prison. » La jeune Tunisienne a été arrêtée le 19 mai après avoir inscrit sur un mur de cimetière de Kairouan (au sud de Tunis) l’inscription « FEMEN », afin de protester contre le rassemblement du mouvement salafiste Ansar Al-Charia. Elle encoure deux ans et demi de prison, pour profanation de sépulture et atteinte aux bonnes mœurs.

Avec AFP