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Bosnie : la Bébélution est en marche

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Bosnie : la Bébélution est en marche

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L’acronyme est désormais sur toutes les lèvres en Bosnie-Herzégovine : JMBG pour Jedinstveni matični broj građana, le numéro unique d’identité des citoyens. Les manifestants qui protestaient en nombre devant le Parlement à Sarajevo avaient laissé au gouvernement jusqu’au 30 juin pour voter la loi définitive.

Mais au 1er juillet, rien n’est fait. Si la loi est à l’agenda du Parlement bosniaque, elle n’est pas encore votée. Devant cet immobilisme qui a déjà coûté la vie à deux fillettes, Belmina Ibrišević et Berina Hamidovic, la colère monte en Bosnie.

En cause, les politiciens de leurs pays, qui n’arrivent pas à s’accorder sur la législation régissant le numéro d’identité des citoyens, nécessaire à l’obtention de tous papiers d’identité. C’est sur une section bien précise des 13 chiffres du numéro d’identité que les députés divergent : celle sur la région d’origine. Les élus de la République serbe de Bosnie veulent établir un numéro distinct pour chaque région, contrairement à ceux de la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine. Ce blocage politique a abouti au renvoi constant de la décision sur la loi, et laissant les enfants nés après février 2013 sans numéro d’identité.

Les manifestants du collectif JMBG, qui occupaient les rues devant le Parlement de Bosnie à Sarajevo depuis plusieurs semaines ont donc décidé d’agir, et d’envoyer un message fort à leur gouvernement. Les manifestations pacifiques ont repris à Sarajevo avec pour mot d’ordre « Sortez dans la rue et virez-les ! », tout en continuant une forte campagne sur les réseaux sociaux, notamment via le mot-dièse #jmbg.

Ils dénoncent le tort immense fait à leurs enfants, allant à l’encontre des droits de l’homme fondamentaux. Le 27 juin, Amnesty International a publié un communiqué de presse dénonçant la « faillite » du gouvernement à adopter une législation durable comme une « attaque » aux droits de l’homme et du citoyen les plus simples. L’organisation non-gouvernementale parle même d’impact sur le droit à la vie, rappel que le délai que le Parlement s’accorde a déjà coûté la vie à deux fillettes.

Credit photo CC BY SA Blokada/Flickr  http://eurone.ws/19OKCxH