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Guillermo Fariñas, au Parlement européen, pour recevoir son Prix Sakharov


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Guillermo Fariñas, au Parlement européen, pour recevoir son Prix Sakharov

Trois ans aprés s‘être vu décerné le Prix Sakharov, le dissident cubain est finalement venu le chercher en personne au Parlement européen à Strasbourg. Cette distinction vise à récompenser Guillermo Fariñas pour sa lutte contre l’oppression et l’injustice à Cuba.

“Il y a différentes façons de lutter pour la liberté, explique, Giovanni Pittella, Vice-Président du Parlement européen. A plusieurs occasions, tu as choisi de mener une grève de la faim pour manifester contre la dictature de ton pays.Ta tenacité t’a presque couté la vie, mais elle a contraint le gouverment cubain à relâcher 52 prisonniers politiques.”

Cet ancien soldat, qui a quitté les jeunesses communistes en 1989 pour rejoindre l’opposition cubaine, a mené au total 24 grèves de la faim. Pour la liberté d’accès à Internet, pour attirer l’attention sur l’oppression des dissidents cubains. La dernière l’a conduite aux portes de la mort.

En 2010, Guillermo Fariñas n’avait pas obtenu les autorisations nécessaires des autorités cubaines pour quitter son pays et être honoré au sein de l’hémicycle.

Lors de sa venue au Parlement européen, Guillermo Fariñas a accepté de répondre aux questions de Sara Blanco envoyé spécial d’Euronews à Strasbourg.

Euronews :
“Il y a quelques mois, c’est le mouvement des Dames en Blanc – qui dénonce l’emprisonnement de dissidents cubains – qui est venu chercher son Prix Sakharov attribué en 2005. Aujourd’hui, vous recevez votre Prix décerné en 2010. Vous avez pu bénéficier d’une réforme de la loi migratoire. Y-a-t-il eu un réel changement à Cuba ?”

Guillermo Fariñas :
“Il y a eu des changements en surface mais, dans le fond, rien n’a changé. Les lois restent les mêmes, la répression est toujours présente, et le nombre de prisonniers politiques n’a pas diminué. Les actions non violentes sont toujours réprimées dans les rues de Cuba. Avant de parler d‘ère nouvelle à Cuba, il faut rappeler que nos droits ont été violés pendant 54 ans. Les changements entrepris par le régime cubain ne sont que de façade, pour obtenir de l’argent des Européens et des Américains pour éviter la faillite de l‘île. Et pour attirer les investissements à Cuba, parce qu‘à cause du nombre important de chômeurs sur l‘île – phénomène que vous connaissez aussi en Espagne et en Europe – il risque d’y avoir une révolution sociale.”

Euronews :
“Vous avez mené 24 grèves de la faim, pourquoi choisissez-vous cette façon de protester ?”

Guillermo Fariñas :
“Quand j’ai analysé les moyens utilisés pour lutter contre le régime, je me suis rendu compte que les grèves de la faim des prisonniers cubains avaient donné de bons résultats, principalement dans les années 60 et 70, ils ont vraiment mis les autorités au pied du mur à l‘époque. J’ai donc décidé de copier cette méthode qui existait dans les prisons. Aujourd’hui, elle est devenue très courante au sein de l’opposition cubaine pour protester contre les injustices du régime cubain.”

Euronews :
“Allez-vous mener de nouvelles grèves de la faim ?”

Guillermo Fariñas :
“Cela va dépendre de la pression que le régime va m’imposer et va imposer à Cuba. Quand je décide de mener une grève de la faim, j’essaie toujours d’obtenir quelque chose pour les autres, pas pour moi.”

Euronews :
“Vous étiez d’abord en Floride, vous êtes maintenant à Strasbourg et vous allez vous rendre à Madrid. Vous savez qu’il y a toujours une controverse sur le financement de l’opposition cubaine. Pouvez-vous nous dire qui finance cette tournée internationale ?”

Guillermo Fariñas :
“C’est le Parlement européen qui finance ces déplacements. Et les voyages que j’ai fait au Honduras, à Miami, à New York, dans le New Yersey, à Porto Rico et en Pologne étaient financés par deux riches cubains qui vivent à l‘étranger, mais qui n’ont pas oublié que Cuba, leur pays natal, est toujours anti-démocratique et autoritaire.”

Euronews :
“Comment voyez-vous l’avenir de votre pays ?”

Guillermo Fariñas :
“Je ne suis pas rassuré pour le futur de notre pays. Parce que le gouvernement cubain va vouloir faire perdurer la doctrine castriste même quand Raoul et Fidel Castro ne seront plus là. Il risque d’y avoir une confrontation avec les citoyens. Si nous faisons preuve d’intelligence, cette confrontation pourrait déboucher sur une réelle démocratie, et nous pourrions gagner sans qu’il y ait un bain de sang.”

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