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Bulgarie : le président évoque de nouvelles élections pour sortir de la crise

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Bulgarie : le président évoque de nouvelles élections pour sortir de la crise

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Le Chef de l’Etat bulgare Rossen Plevneliev a exhorté vendredi les responsables politiques à tendre enfin la main aux manifestants qui protestent depuis trois semaines contre la corruption, faute de quoi la seule issue sera d’organiser de nouvelles élections.

“Depuis 22 jours ont lieu en Bulgarie des protestations incessantes et je ne vois toujours aucun homme politique (…) prendre en compte ce qui se passe et expliquer à la nation en termes clairs ce qu’il entend faire”, a déclaré M. Plevneliev dans une intervention radiotélévisée.

“Si rien d’autre ne peut aider, si aucune tentative de trouver un accord n’est entreprise, alors la seule solution démocratique est d’organiser des élections”, a-t-il estimé.

Les précédentes élections législatives, provoquées par les manifestations parfois violentes de cet hiver contre la pauvreté et la corruption, remontent au 12 mai seulement. Les protestations avaient entraîné la chute du gouvernement conservateur de l’ex-karatéka Boïko Borissov.

Faute de clair vainqueur, un gouvernement de technocrates soutenu par les socialistes (ex-communistes) et le parti de la minorité musulmane turque (MDL) avait fini par se former. Mais le Premier ministre sans étiquette Plamen Orecharski s’est décrédibilisé peu après son entrée en fonction, en faisant nommer à la tête de l’Agence de sécurité nationale un magnat de la presse à la réputation douteuse, par ailleurs député du parti MDL.

Même si la nomination a été annulée, entre 5.000 et 10.000 personnes se retrouvent depuis tous les jours à Sofia pour réclamer la démission du gouvernement et la fin de la soumission du pouvoir à l’oligarchie.

M. Plevneliev, issu des milieux de centre-droit, a été élu en 2011 grâce au soutien du parti Gerb de Boïko Borissov dont il s’est éloigné depuis.

Le chef de l’Etat fixe la date des scrutins, mais ne peut appeler à de nouvelles élections à moins que le gouvernement ne démissionne ou le Parlement accepte de se dissoudre. L‘économiste Orecharski a refusé jusqu’ici de démissionner et tenté d’apaiser la colère de la rue par des mesures d’urgence contre la pauvreté et le lancement d’une réforme du code électoral permettant à de nouveaux petits partis d‘être représentés au Parlement.

Tout en saluant ces mesures, M. Plevneliev les a jugé insuffisantes. “Les gens continuent à protester! Ils crient Mafia! (…) Comment le gouvernement et l’opposition lisent-ils ce message et quelles actions concrètes entendent-ils présenter comme réponse?”, a-t-il demandé.

(AFP)