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L'armée face aux divisions de l'Egypte ?

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L'armée face aux divisions de l'Egypte ?

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Incontournable armée égyptienne… La situation n’est pas nouvelle, depuis 60 ans elle est le principal acteur de la vie politique du pays mais cette fois la situation est potentiellement explosive, car le président qu’elle a déchu, aussi critiqué qu’il ait pu être par une partie de la population, avait été élu démocratiquement par une autre moitié de cette population

La nouvelle génération de généraux arrivés à la faveur de Morsi et incarnée par Abdel Fattah Al-Sissi se pose en sauveuse de la nation, en représentante du peuple

General Abdel Fattah Al-Sissi, chef des forces armées et ministre de la Défense :
“Seule la volonté du peuple egyptien nous gouverne. Nous la respectons, nous la protégeons, de manière objective et juste avec honneur et sans tromperie. Nous ne permettrons pas que l’Egypte s’engouffre dans le tunnel sombre conflictueux, d’un combat interne ou d’une guerre civile.”

Ses partisans l’affirment et le clament, ce n’est pas un coup d‘état militaire qui a chassé Morsi, c’est bien la volonté du peuple.
L’armée, qui attendait son heure pour regagner le crédit perdu pendant la longue période de transition de l’après-révolution, n’a fait selon eux que son devoir.

“C’est la victoire du peuple Egyptien. Nous sommes contre les Frères Musulmans. Le ministre de la Défense Abdel Fattah al-Sisi est un héros, le héros de l’Egypte”, explique un manifestant.

Mais en face, les partisans du président déchu agitent l’argument démocratique. Ils dénoncent une révolution volée par les chars et les morts dans leurs rangs, ils en appelent à la communauté internationale

“Nous avons choisi la démocratie par la voie électorale. Nous avons beaucoup appris de l’occident. Nous avons élu un président et choisi la liberté. Le monde entier est témoin de ce que nous réalisé, mais aujourd’hui tout est détruit”, raconte dépité un soutien de M. Morsi.

Les Frères musulmans ont-ils les moyens d’aller jusqu’au bout ? Sans doute pas, mais ils peuvent certainement semer des troubles. Depuis 5 jours, il appelent au soulèvement contre l’armée et les dirigeants du mouvement galvanisent les foules.

Mohammed Badie, guide suprême des Frères musulmans :
“Nous sommes prêt à nous sacrifier pour protéger notre président Mohamed Morsi”.

Une armée en phase et en communion avec la population. Des images qui rapellent celles de 2011, mais l’analogie s’arrête là. La situation est aujourd’hui bien différente.
C’est face à une population profondémment divisée qu’elle a repris le pouvoir.

Alors, l’armée a-t-elle les moyens de garder le contrôle dans ces conditions ?
Et surtout pourra-t-elle éviter le bain de sang sans tomber dans la repression violente ?