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Une gazette pour les Yakuza


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Une gazette pour les Yakuza

Un nouveau genre de presse spécialisée aurait fait son apparition au Japon : le bulletin de la pègre. Plusieurs journaux japonais ont ainsi fait mention de leur nouveau collègue, le Yamaguchi-gumi Shinpo.

La publication s’approcherait plus du bulletin d’information professionnel que du quotidien d’information nationale, mais son existence suffit en elle-même à ce qu’on parle d’elle. Le « Yamaguchi-gumi Shinpo », (littéralement, « la gazette du clan Yamaguchi ») a été dévoilée par la presse japonaise dans la journée du 10 juillet, mais il est difficile de savoir quand exactement le premier numéro a été publié.

Inutile de préciser que cette publication particulière n’est pas disponible sur abonnement, ou dans un kiosque à journaux. Les 28 000 membres du clan Yamaguchi, l’un des clans yakuza les plus puissants au Japon et dans le monde, auraient reçu directement le journal de huit pages.

Ils ont donc pu apprécier l’édito de Kenichi Shinoda, l’Oyabun (parrain) actuel de la famille, et principal responsable de l’expansion de la famille dans le pays. Celui-ci a ainsi mené l’absorption par son clan d’un syndicat tokyoïte, le Kokusui-kai, permettant ainsi au syndicat originaire de Kobe de mettre le pied dans la capitale.

Dans cet édito destiné à remotiver ses troupes, le parrain les exhorte à ne pas se reposer sur leurs lauriers, et leur rappelle que le clan ne doit pas se reposer sur leur « marque », autrement dit, travailler toujours plus dur afin de faire des bénéfices et faire toujours plus d’affaires.

Les lecteurs de cette gazette peuvent également trouver du contenu plus « divertissant », comme des pages de jeux où ils peuvent s’exercer au Go. Ils peuvent aussi lire une rubrique poésie avec des haïkus, poèmes traditionnels de l’archipel caractérisés par leur forme brève. On parle même d’une rubrique « people » où les yakuza les plus bas dans la hiérarchie ont la possibilité de suivre la vie des parrains du clan, comme leurs parties de pêche. Le prochain numéro est attendu pour dans quelques mois d’après les médias japonais.

Mais c’est encore une fois l’édito du « Boss » qui est la partie la plus intéressante : il est le reflet de la situation « difficile » à laquelle les yakuzas doivent faire face depuis quelques années. Depuis 1992 et la loi Antigang, l’industrie du crime organisé doit se restructurer : cette loi oblige en effet les clans à avoir une structure administrative, et une entité légale, afin que par exemple, les victimes puissent demander réparation. Depuis 2004, elle rend également le chef de clan responsable des dommages causés à un tiers ou à leurs biens.

Ils sont donc de plus en plus mis en cause par la police, comme Kenichi Shinoda, qui a été condamné en 2005 à une peine de cinq ans pour complicité de détention d’armes d’un de ses subordonnés. Un policier cité par le quotidien Mainichi Shimbun explique également qu’il est devenu plus difficile pour les yakuzas d’obtenir des comptes en banques ou des prêts immobiliers, grâce aux nouvelles législations.

Les yakuzas sont en baisse “démographique” depuis plusieurs années, en partie grâce au durcissement des législations. Le clan Yamaguchi aurait perdu ainsi près de 3 300 membres rien que pour l’année 2012. Mais le clan de Kobe reste majoritaire, en représentant plus de 40 % des syndicats du crime organisé du Japon.

Avec AFP

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