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Japon : nouvel incident à Fukushima


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Japon : nouvel incident à Fukushima

De la vapeur a été vue ce jeudi s‘échappant du bâtiment du réacteur numéro 3 de la centrale atomique ravagée de Fukushima, a indiqué l’opérateur du site qui ignorait toujours, une dizaine d’heures après l’incident , l’origine exacte de ce nouvel incident.

Sur les images prises par l'opérateur Tepco, un filet de vapeur est clairement visible, pas un nuage, mais il est difficile de voir le point précis d’où elle s‘échappe.

“Dans ce genre de circonstances il est important de vérifier à travers divers paramètres qu’il n’y a pas de réaction critique”, a expliqué le porte-parole de Tepco, Masayuki Ono, lors d’une conférence de presse spéciale.

Or, selon lui, toutes les vérifications opérées permettent de dire qu’un tel événement ne s’est pas produit.

“Il n’y a pas de changements des paramètres qui signalent une éventuelle réaction critique”, a-t-il expliqué, écartant donc l’hypothèse d’un réchauffement soudain et dangereux dans le coeur du réacteur “qui est toujours normalement refroidi”.

“Nous avons effectué diverses vérifications (dont des prélèvements) qui ne montrent pas d’anomalies dans la situation de la centrale”, a-t-il insisté.

“Ni la température du réacteur, ni les mesures des systèmes de contrôle de radioactivité ne se sont élevées. Nous ne pensons pas qu’il s’agisse d’une situation d’urgence, mais nous continuons d’enquêter”, a répété M. Ono.

M. Ono a reconnu que ce n‘était pas la première fois qu’une telle vapeur était vue, mais que précédemment cela n’avait pas été rendu public.

Il a cherché à se montrer rassurant en indiquant qu’il pourrait s’agir de vapeur produite par l’eau de pluie réchauffée au contact de la cuve du réacteur.

Cette vapeur a initialement été aperçue à 8H20 locales (mercredi 23H20 GMT) apparemment en provenance d’une piscine de stockage de matériel au 5e et dernier niveau du bâtiment du réacteur numéro 3.

Le dégagement a été repéré via une caméra par du personnel d’une entreprise tierce. Les instruments de mesure de radioactivité alentour n’ont pas montré de changement significatif.

Le réacteur 3 est un des trois de la centrale (sur six) dans lesquels le combustible nucléaire a fondu après le séisme et le tsunami dévastateurs du 11 mars 2011. C’est sans doute le plus endommagé de l’ensemble, car il a aussi subi une explosion d’hydrogène qui a soufflé le toit du bâtiment mi-mars 2011, laissant une partie des installations à l’air et des monceaux de détritus au-dessus.

Il règne en outre à proximité de ce réacteur qui fonctionnait au MOX (mélange d’oxydes d’uranium et plutonium) un très haut niveau de radioactivité qui ne facilite pas les interventions.

L’incident encore inexpliqué de jeudi rappelle une fois de plus que la situation reste instable dans cette centrale en péril, même si elle est considérée comme étant sous contrôle depuis décembre 2011, lorsque les autorités ont décrété que les six réacteurs étaient en état dit “d’arrêt à froid”.

Depuis, quelque 3.000 travailleurs continuent chaque jour de préparer le démantèlement, un chantier de 40 ans, tout en se démenant face aux multiples avaries qui se déclenchent presque quotidiennement, tant est vulnérable le site qui continue de dégager des éléments radioactifs sous plusieurs formes.

Tepco et les entreprises impliquées dans cette crise font notamment face à de très gros problèmes d’eau contaminée, d’une part celle issue de l’arrosage continu qu’il faut stocker dans des citernes et décontaminer, et d’autre part celle qui s’est accumulée en sous-sol et est soupçonnée de s‘écouler dans l’océan Pacifique voisin.
Depuis des mois, des experts demandent que soient prises des mesures pour fiabiliser les équipements vitaux qui ont été mis en place dans l’urgence dans les premiers mois de crise.

Des transformateurs et distributeurs électriques sont encore dans des camions à proximité des bâtiments, à la merci de nouveaux caprices de la nature ou de l’appétit des rats qui ont envahi le site.

Mi-mars, un de ces rongeurs avait causé un court-circuit et entraîné une panne qui avait paralysé durant près de 30 heures une partie des systèmes de refroidissement des piscines de désactivation du combustible usé, provoquant le plus grave incident recensé depuis fin 2011.

Afp

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