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Brésil : le pape François attendu comme le messie

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Brésil : le pape François attendu comme le messie

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“Il est possible que Dieu ne soit pas Brésilien, mais au moins, il a passé pas mal de temps au Brésil”. Cette reflexion attribuée à l’ex-président Lula traduit bien l’importance du sentiment religieux dans ce pays. Avec 123 millions de fidèles sur 195 millions d’habitants, le Brésil est le plus grand pays catholique au monde. Mais l’Eglise catholique est en perte de vitesse et la visite du pape est une occasion en or de la redynamiser.

“En ce qui concerne le pape, nous nous attendons à ce qu’il aide l’Eglise à réaliser une Nouvelle Evangélisation, qu’il aide à animer l’Eglise”, commente le cardinal Odilo Pedro Scherer, archevêque de Sao Paulo.

Petit retour en arrière : juin 1980, la visite du Pape Jean-Paul II attire des millions de fidèles. A cette époque, l’Eglise catholique est triomphante. Le pays compte alors 121 millions d’habitants. 90% d’entre eux sont catholiques. Il n’y a que 7% de fidèles dans les églises évangéliques. Mais 30 ans plus tard, la proportion des catholiques a fortement diminué, alors que le nombre de fidèles dans les églises évangéliques ne cesse d’augmenter.

Pourquoi ? Les affaires de pédophilie, de corruption, ont écorné l’image de l’Eglise catholique. Elle souffre également d’une pénurie de prêtres, rebutés par le célibat et la longueur de la formation alors qu’en parallèle les Pentecôtistes forment des pasteurs à tour de bras. Autre explication, le Vatican s’est très longtemps montré hostile à la “théologie de la libération”, un mouvement né dans les années 70 et qui voulait rapprocher l’Eglise des plus pauvres. De nombreux fidèles se sont alors tournés vers les églises évangéliques, à leurs yeux plus proches de la réalité de leur quotidien.

“Le dimanche j’allais aux messes de l’Eglise catholique, mais les églises étaient toujours vides, et un jour, un jour magnifique, on m’a invité à l’Assemblée de Dieu et c’est à partir de ce moment-là que j’ai accepté Jésus, que j’ai fait sa connaissance. Ce vide que je ressentais, cette tristesse, ont été totalement balayés”, témoigne l’un de ces convertis.

Depuis son élection, le pape François tente de prouver que l’Eglise prend en compte la souffrance des gens. Il a ainsi prévu de se rendre dans deux localités de Rio, où les églises évangéliques prospèrent. Dans l’un de ces quartiers, Varginha, Joao Carlos de Oliveira, un jeune catholique, exprime ses attentes : “L’unité. Ici les gens ne se parlent pas. Ce qui va changer [avec la visite du pape François] c’est que les gens seront plus unis”.

Un objectif résumé par l’archevêque d’Aparecida en ces termes : “L’Eglise catholique est l‘église la plus puissante au Brésil, mais nous devons mettre à jour le message adressé aux gens d’aujourd’hui”.