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Disparition de l’actrice française Bernadette Lafont


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Disparition de l’actrice française Bernadette Lafont

L’actrice Bernadette Lafont, égérie de la Nouvelle vague et comédienne populaire, est morte ce jeudi matin à l‘âge de 74 ans au Centre Hospitalier Universitaire de Nîmes, dans le sud de la France, a-t-on appris auprès du service de communication de l’hôpital. La comédienne a succombé à 8h26, après avoir été placée mercredi dernier en réanimation, selon cette même source.

Elle avait été hospitalisée au CHU lundi après avoir été victime d’un malaise, alors qu’elle se trouvait au centre hélio-marin du Grau-du-Roi, dans le département du Gard. Elle avait été secourue en début d’après-midi par les pompiers, puis par le Samu et transférée par hélicoptère au CHU de Nîmes.

Bernadette Lafont, qui enchaînait tournages et projets, avait connu cette année un beau succès dans le film Paulette où elle campait une retraitée qui se met à vendre du cannabis pour joindre les deux bouts. Résultat: plus d’un million d’entrée au box-office 2013. Mais à la mi-juillet, elle avait dû annuler, pour raison de santé, sa participation au festival de théâtre de Figeac (département du Lot).

L’actrice, qui devait aussi tourner dans « Les vacances du petit Nicolas », avait été remplacée récemment pour les mêmes raisons par la comédienne Dominique Lavanant, a précisé à l’AFP le producteur du film Marc Missonnier.

Née le 28 octobre 1938 à Nîmes, cette fille de pharmacien se destine d’abord à la danse tout en rêvant de cinéma. Grâce à son premier mari, le comédien Gérard Blain, elle rencontre les jeunes réalisateurs de la nouvelle vague dont François Truffaut qui lui offre en 1957 son premier rôle dans le court métrage Les mistons, puis Claude Chabrol pour _Le beau Serge _, un succès.

Eprise d’amour et de liberté

Brune sensuelle doté d’un incroyable bagout et d’une voix très particulière, personnage haut en couleur au jeu spontané, Bernadette Lafont est devenue à la fin des années 50 l‘égérie de la Nouvelle vague tournant encore La fiancée du pirate_de Nelly Kaplan, ou _Une belle fille comme moi de François Truffaut.

« A travers ses rôles de femmes élégantes et modernes, dont l’inoubliable Marie dans La Maman et la Putain de Jean Eustache, elle incarnait avec une grâce toute particulière, la Parisienne éprise d’amour et de liberté », écrit jeudi le maire de Paris Bertrand Delanoë.


Le président du Festival de Cannes, Gilles Jacob, a fait part sur Twitter de « sa grande tristesse » parlant d’une « une énorme perte pour notre ciném ».

Alternant films pointus et comédies plus ou moins anticonformistes, Bernadette Lafont était devenue une actrice incontournable du cinéma français, de La Gueule de l’autre de Pierre Tchernia avec Michel Serrault et Jean Poiret en 1979 à L’Effrontée, de Claude Miller, avec Charlotte Gainsbourg en 1985, rôle pour lequel elle a obtenu le César du Meilleur Second Rôle féminin. Elle tournera aussi pour Louis Malle, Costa-Gavras, Jean-Pierre Mocky etc.

Couronnée par un César d’honneur en 2003 pour l’ensemble de sa carrière, qui compte plus d’une centaine de films, elle a rejoint plus récemment Alain Chabat et Charlotte Gainsbourg pour Prête-moi ta main en 2006 ou La première étoile en 2009 de Lucien Jean-Baptiste.

Parallèlement au cinéma, elle a mené une véritable carrière sur les planches comme avec La Tour de la Défense du dramaturge argentin Copi en 1981 ou en 2002, ou en 2006 pour Si c‘était à refaire de Laurent Ruquier. Elle est aussi une familière du petit écran jouant dans de très nombreux téléfilms.

Bernadette Lafont, officier de la Légion d’honneur, était mère de trois enfants. Sa fille cadette Pauline, actrice qui avait marqué les esprits dans L’Eté en pente douce de Gérard Krawczyk en 1987, était morte accidentellement en 1988 à l‘âge de 25 ans.

Avec AFP

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