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Catastrophe ferroviaire : un survivant témoigne

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Catastrophe ferroviaire : un survivant témoigne

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A l’hôpital de Saint-Jacques de Compostelle, notre journaliste Filipa Soares a rencontré un survivant de l’accident. Roberto Fariza est un touriste américain en vacances en Espagne.

“Vous étiez dans le train lors de l’accident ?”, demande Filipa Soares.

- “Oui, j‘étais dans le train. Dans la voiture n°7.”

“Vous étiez seul ?”

- “Non j‘étais avec ma femme, on venait pour les festivités.”

“Pourriez-vous s’il vous plaît décrire ce dont vous vous rappelez ?”

- “C’est difficile pour moi de parler sans être ému parce que ça a été horrible. Pendant que le train roulait, on ne se rendait pas compte qu’il commençait à pencher et qu’il allait vraiment vite. C’est pour ça qu’il a déraillé.

Tout s’est passé si vite, quelques secondes à peine. Tout était sombre. Les gens criaient. Moi j’ai été projeté contre les bords du wagon. J’avais l’impression d‘être une balle.

Ma femme est en soins intensifs en ce moment. Elle était enfouie sous des sièges, trois passagers et des bagages. J’ai crié pour la chercher, pour qu’elle sache que j‘étais là si jamais elle était consciente.

Son crâne était ouvert et elle saignait. Elle n’y voyait rien, ses yeux étaient tout gonflés. Sa robe était presque toute arrachée.

Alors on a appelé à l’aide. Les gens de la ville voisine sont arrivés et au moins 10 personnes l’ont portée jusqu‘à l’ambulance. Les services de secours devaient faire des choix pour savoir qui soigner en premier. Autour de nous, des gens mourraient. il y avait un jeune homme de 26 ou 27 ans, on pensait qu’il allait bien mais il est mort. Une jeune femme et un autre homme aussi, c‘était horrible.

Dans l’ambulance je disais à ma femme “Respire, respire, n’arrête pas de respirer” jusqu‘à ce qu’on arrive ici. Ensuite pendant 5 heures je ne savais pas qu’elle était à l’intérieur. Ce que je me disais, c’est qu’ils devaient être en train de l’opérer.

“Vous avez été blessé vous aussi…”, note Filipa Soares.

- “Oui je suis blessé. Mais Dieu merci, mon visage n’a pas été touché. Des simples bosses sur la tête. J’ai du sang dans l’urine et cela inquiète les médecins. Ils ont fait des tests et je suis sous observation.”

“Et maintenant, vous allez rester ici ?”, demande l’envoyée spéciale d’Euronews.

- “Je suis à l’hôtel. Je perdu mes bagages. J’ai juste acheté un t-shirt aujourd’hui, ce pantalon est à mon gendre. J’ai acheté des chaussettes et mes chaussures sont celles que j’avais au moment de l’accident. Et maintenant on va voir si l’ambassade américaine peut nous aider. On a pas besoin de grand-chose, juste de l’argent pour les besoins immédiats.”