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L'UE tente une médiation en Égypte

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L'UE tente une médiation en Égypte

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La chef de la diplomatie européenne tente de jouer la carte de la médiation en Égypte. C’est la seconde fois en moins de deux semaines que Catherine Ashton se rend au Caire pour s’entretenir avec le gouvernement par intérim, depuis le renversement du Président Morsi. Elle doit d’ailleurs avec le général Abdel
Fatah al Sissi, responsable du coup d‘État. Bruxelles souhaiterait que le chef de l’armée égyptienne contribue à calmer les tensions croissantes avec les frères musulmans. Des islamistes qui réclament le retour du premier président démocratiquement élu du pays.

Fort du soutien des laïcs et des modérés, l‘état-major n’hésite pas à réprimer dans le sang les manifestations favorables à Mohamed Morsi. Samedi 80 d’entre eux ont été tués par balles dans la capitale.

Aujourd’hui les islamistes ont renoncé à toute manifestation, mais ils appellent à un défilé de grande ampleur dès demain. Le président déchu est invisible depuis sa destitution. Il a été placé en détention par l’armée et inculpé de meurtre récemment par un juge. La police a par ailleurs arrêté ce matin deux personnalités du parti islamiste modéré Ouassat, allié de Mohamed Morsi.

Le chef de la diplomatie égyptienne répond à nos questions

Mohammed Shaikhibrahim, euronews:
Nous sommes avec M. Nabil Fahmy, le ministre égyptien des Affaires étrangères. Monsieur le ministre, un grand nombre de pays étrangers ont condamné les événements qui se sont passés place Rabbya Adawiya. Comment le ministère des Affaires étrangères va-t-il réagir à cette condamnation?

Nabil Fahmy:
Nous allons clarifier notre position afin que le contexte général soit compris de tous, car tout événement a lieu dans un contexte bien particulier. Suite aux menaces contre la sécurité du pays, il y a des tensions. A titre d’exemple il y a eu des attaques à l’explosif contre le Commissariat de Police de Mansoura. Après cela, les forces de sécurité ont été placées en état d’alerte, et quand des manifestations non pacifiques se sont produites, on a vu des confrontations entre ces manifestants et d’autres citoyens d’une part; et d’autre part, entre ces manifestants et les forces de l’ordre.

euronews:
M.Recep Tayyip Erdogan a rejeté ce qu’il a appelé un “coup militaire” en Egypte, il a dit qu’il ne reconnaîtra aucun autre président que Mohamed Morsi, faisant monter la tension entre l’Egypte et la Turquie. Comment allez-vous la surmonter?

Nabil Fahmy:
A mon avis, diplomatiquement et politiquement les limites ont été franchies dans un certain nombre des déclarations turques. Il s’agit d’une affaire interne à l’Egypte, et la majorité du peuple égyptien a un avis différent de celui du Premier ministre turc. Malgré tout, les relations turco-égyptiennes et les accords entre les deux pays sont plus importants que la position d’une personnalité politique ou qu’une déclaration. Nous agissons dans une perspective plus globale.

euronews:
Il y a une ambiguité sur la position américaine concernant les événements en Egypte. Certaines sources assurent qu’une tension diplomatique existe entre le gouvernement égyptien actuel et les Etats-Unis. A ce jour, les Etats-Unis n’ont pas qualifié ce qui s’est passé en Egypte de “révolution”…

Nabil Fahmy:
Il y a des déclarations coté américain concernant leur inquiétude à propos de la violence en Egypte, leur souci de calmer la situation et de garantir la paix et la continuité du processus démocratique. Pour notre part nous acceptons ces déclarations.
Mais tout le monde doit savoir que les tensions que nous connaissons aujourd’hui en Egypte sont le résultat du recours à la violence en dehors des manifestations pacifiques.

euronews:
Récemment nous avons remarqué, nous journalistes, que les Palestiniens ont été attaqués par certaines chaines de TV égyptiennes, principalement les Palestiniens qui habitent en Egypte, qui sont accusés d‘être responsables des événements en Egypte. Cela a dérangé certains dirigeants palestiniens. Quelle est la position de votre ministère et comment vous allez gérer ce dossier?

Nabil Fahmy:
Le soutien égyptien à la cause du peuple palestinien ne va pas baisser, nous allons toujours la soutenir, nous n’allons pas changer de position. Par contre, ce qu’on a vu dans la rue et sur les chaînes égyptiennes varie selon l’appartenance politique des médias, surtout les informations données concernant certaines actions menées par le Hamas au Sinaï. Ce que les mouvements gazaouis, et le Hamas ont démenti.
C’est une affaire qui est liée à la sécurité nationale égyptienne, elle n’a rien à voir avec un sentiment de haine contre les Palestiniens, ou un changement éventuel de notre soutien à la cause palestinienne.