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Le verdict du procès Manning attendu aujourd’hui

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Le verdict du procès Manning attendu aujourd’hui

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Le soldat américain Bradley Manning, accusé d’avoir fait fuiter des documents militaires secrets, va être fixé sur son sort aujourd’hui lorsqu’un juge militaire va rendre son verdict à 19h, heure de Paris.

Pendant son procès en cour martiale, installée dans la base de Fort Meade au Maryland (nord-est des États-Unis), Manning a avoué être responsable de la fuite de documents secrets vers le site pro-transparence Wikileaks, mais il a nié l’accusation, beaucoup plus grave, d’avoir « aider l’ennemi ». Il a déjà plaidé coupable pour 10 chefs d’accusation mineurs, qui pourraient l’envoyer en prison pour 20 ans. S’il est reconnu coupable des autres chefs d’accusations, Manning pourrait finir sa vie derrière les barreaux.

Le jeune soldat est accusé d’avoir transmis à Wikileaks près de 750 000 fichiers classés secret défense portant sur les guerres d’Irak et d’Afghanistan. Lors de sa conclusion, le major Ashden Fein, le principal procureur militaire de ce procès, a déclaré : « Manning a été généralement mal intentionné… Il a agit volontairement et délibérément avec ses révélations ».

Lorsque Manning a plaidé coupable plus tôt cette année, il a lu pendant une heure une déclaration à la cour détaillant pourquoi il a fait fuiter ces documents. Il a expliqué avoir uniquement rendu public des informations qui l’avait « contrarié » et, selon lui, rien qui aurait pu faire du tort aux Etats-Unis : « Je croyais que si le public prenait connaissance des ces donnés, cela allait créer un débat public à propos de ces guerres ».

Détenu provisoirement depuis trois ans déjà, le soldat Manning est devenu un sujet de débat brûlant aux Etats-Unis et dans le monde. Manning est-il un lanceur d’alerte idéaliste ou bien a-t-il trahi son pays par soif de gloire ?

Les avocats de cet analyste dans le renseignement militaire de 25 ans ont argumenté que Manning était naïf et coupable de « négligence » mais pas de « mauvaise intention générale » qui signifierait une condamnation pour avoir « aider l’ennemi ». Pour condamner Manning pour ce lourd chef d’accusation, le juge doit être convaincu au-delà de tout doute raisonnable qu’il savait que les informations révélées pourraient finir dans les mains d’Al-Qaïda.

Bradley Manning a, comme Edward Snowden, rassemblé une large communauté de supporteurs de par le monde, qui le voit comme un héros ayant tenu tête au gouvernement.

Manning a néanmoins été critiqué pour ne pas avoir été plus sélectif quant aux informations qu’il a transmises. Un officiel de la défense a déclaré dans les pages du journal anglais The Guardian : « Je ne pardonne pas les actes de Snowden sous aucune circonstances, mais que vous soyez d’accord ou non avec ses idées politiques, il semble qu’il savait au moins ce dans quoi il s’aventurait… Manning a été imprudent et a littéralement mis en danger la vie d’autrui ».