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Robert Mugabe : 33 ans de pouvoir et toujours pugnace

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Robert Mugabe : 33 ans de pouvoir et toujours pugnace

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A 89 ans, Robert Mugabe n’a rien perdu de son énergie. 33 ans au pouvoir et toujours la même rhétorique guerrière, la même obsession anticolonialiste lorsqu’il s’adressait aux partisans du Zanu-PF le 5 juillet dernier :
“Se battre vraiment, se battre avec force, énergiquement, sans concession, ce devrait être le combat de nos vies” assure-t-il alors.

Le combat politique de Robert Mugabe commence dans les années 60. Il a 36 ans lorsqu’il entre au Parti national démocratique, interdit par le régime blanc de Ian Smith. A l ‘époque, le Zimbawe est encore la Rhodésie.

Robert Mugabe sera l’un des signataires de l’accord de Lancaster House, qui donne un statut légal à l’indépendance de l’ancienne colonie britannique, et lui confère une constitution démocratique.

Après 90 ans de présence britannique, l’Union Flag est abaissé définitivement à Salisbury, l’actuel Harare.Mugabe remporte les élections supervisées par Londres et devient Premier ministre. Réconcilié avec son rival, le chef du Zapu, Joshua Nkomo, Mugabe fusionne les deux partis Zapu et Zanu et change la constitution en 1987, pour établir un régime présidentiel.

Depuis, Robert Mugabe a gagné toutes les élections présidentielles, avec à chaque fois suspicion de fraude électorale. Il a pris des décisions très controversées, comme l’expropriation forcée des fermes appartenant aux Blancs en 2000, et maintenant, il prône une politique visant à assurer la propriété des mines et des banques aux zimbabwéens noirs.

“La politique d’autonomisation va permettre d‘élargir l’appropriation par les peuples autochtones des champs de l‘économie, afin que soit reconnu leur droit à la souveraineté” affirme-t-il.

Le Royaume-uni et ses alliés occidentaux sont souvent la cible des attaques verbales de Mugabe, qui accuse les sanctions d‘être la cause de la crise économique. L’homosexualité est une autre cible quand il martèle : “On n’a pas la liberté d‘épouser un autre homme, ou une autre femme. Ce genre de liberté n’existe pas”.

Ces deux dernières années, Mugabe s’est rendu une dizaine de fois à Singapour, officiellement pour traiter une maladie oculaire.