DERNIERE MINUTE

Vous lisez:

Il y a 69 ans éclatait l’insurrection de Varsovie


monde

Il y a 69 ans éclatait l’insurrection de Varsovie

Le 1er août 1944 éclatait l’insurrection de Varsovie, le plus grand soulèvement armé contre l’Allemagne nazie en Europe occupée. Les Varsoviens célèbrent cette année son 69ème anniversaire. Comme chaque année, les sirènes retentiront à 17h (symbole de l’heure W, début de l’action militaire) en immobilisant la ville pour une minute de silence commémorative.

Recouvrer l’indépendance et barrer la route à Staline

Organisée par la résistance polonaise (Armia Krajowa), l’insurrection avait pour but le rétablissement de l’Etat polonais (le gouvernement polonais en exil résidait à Londres depuis juin 1940) sur le territoire de Varsovie libre mais était aussi l’ultime tentative de préserver la souveraineté de la Pologne face à l’avancée de l’Armée rouge. La mise en place par les Soviétiques de structures politiques s’appuyant sur les communistes polonais dans les territoires libérés a précipité la décision de la résistance polonaise de déclencher le soulèvement pour pouvoir accueillir les « libérateurs » en position de force.

63 jours de combats héroïques et solitaires

Les combats qui durèrent 63 jours, furent une gigantesque bataille urbaine. L’Armia Krajowa comptait environ 50 000 soldats dont seulement la moitié armés et prêts au combat. Mis à part les soldats de l’AK, d’autres se portèrent volontaires y compris des femmes et des jeunes enfants.
L’absence d’effet de surprise (les Allemands reçurent des informations une heure avant le début de l’action) associé au manque d’expérience des insurgés ont contribué à l’échec des opérations.

Côté allemand, la stratégie consistait à détruire le moral des insurgés dans le but de reconquérir la ville en évitant de mener des combats de rue. Ainsi, jusqu’à fin septembre, chaque combattant capturé fut-il exécuté sur place. Les vols et les viols sur les civils étaient la norme, ces derniers servant souvent de boucliers humains durant les offensives allemandes.
Les combats livrés par les Varsoviens lors de ce soulèvement furent en grande partie solitaires. Tout d’abord, l’Armée rouge, pourtant arrivée sur la rive droite de la ville le 10 septembre, laissa les Allemands achever la résistance polonaise dans la ville embrasée. Elle bloqua même l’approvisionnement en munitions des unités polonaises de l’Armée populaire (alliée des Soviétiques) pour les empêcher de porter secours à leurs compatriotes assiégés. Ensuite, le soulèvement reçut un soutien très limité de la part des Alliés occidentaux : leur aide fut limitée au parachutage d’armes et d’autres matériels dont l’effet fut plus psychologique que militaire. Quant aux Américains, ils ne fournirent que très peu d’aide, leur attitude du moment étant guidée par leurs relations avec le nouvel allié russe.
Face à l’immobilisme de l’Armée rouge et la non-assistance de l’Ouest, la capitulation devint rapidement une évidence. Elle fut signée le 2 octobre par le général Tadeusz Bor-Komorowski, dans un sentiment unanime d’abandon et de trahison.

Bilan humain et matériel

Le bilan humain de l’insurrection s’élève côté polonais à 18 000 combattants tués, 25 000 blessés et presque 180 000 victimes civiles. Côté allemand, 17 000 soldats périrent et 9 000 furent blessés.
Après la capitulation, les soldats reçurent le statut de prisonniers de guerre et furent internés au sein du Reich. La population civile fut, elle, brutalement évacuée pour être envoyée dans des camps de concentration.

Durant les 63 jours de combat, 25% de la ville furent totalement détruits. Après la fin des hostilités, sur ordre personnel d’Hitler, 35% supplémentaires furent pulvérisés. En y ajoutant 25% déjà détruits dans les bombardements de 1939 et lors de la liquidation du ghetto juif de Varsovie en 1943, 85% de la ville furent au final anéantis.

69 ans plus tard…

L’insurrection de Varsovie fut l’un des événements les plus importants de l’histoire moderne de la Pologne. Ses conséquences plus ou moins directes façonnèrent son destin d’après guerre. Pour cette raison, non seulement elle suscite toujours beaucoup d’émotions et reste constamment l’objet de vifs débats au sein de l’opinion publique polonaise. La controverse la plus vive concerne l’utilité politique et historique d’un geste qui se solda par le sacrifice non seulement de la capitale du pays mais surtout de toute une génération de jeunes Polonais.

A l’occasion du 69ème anniversaire de l’événement et à l’initiative du Musée de l’Insurrection de Varsovie, Jan Komasa a réalisé un film basé sur les chroniques de l’époque entièrement remastérisées. Voici la bande d’annonce du film :

Chaque histoire peut être racontée de plusieurs manières differentes : retrouvrez les perspectives des autres journalistes d'euronews dans nos autres équipes linguistiques.

Prochain article

monde

Japon : le vice-Premier ministre veut une constitution "inspirée" de l'Allemagne nazie