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Tony Parker : "On peut créer la surprise"

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Tony Parker : "On peut créer la surprise"

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Tony Parker se verrait bien déjouer les pronostics à l’occasion du championnat d’Europe dont le coup d’envoi sera donné dans tout juste un mois. Celui qui est considéré comme l’un des meilleurs basketteurs de la planète rêve de prendre sa revanche sur l’Espagne qui avait battu la France en finale en 2011. Les Bleus, qui seront opposés lors du premier tour à l’Ukraine, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, Israël et la Belgique dans un groupe A a priori à leur portée, vont une nouvelle fois s’appuyer sur leur meneur-vedette.

Triple champion NBA avec les Spurs de San Antonio – où il évolue depuis 12 ans – premier européen à avoir été élu MVP des finales, sélectionné à cinq reprises pour le All Star Game, “TP” a tout gagné en club mais à 31 ans, il court encore après la consécration avec l‘équipe de France. Ce qu’il attend de l’Euro, les adversaires qu’il redoute, sa carrière aux Etats-Unis, Tony Parker évoque tous ces sujets lors d’un entretien accordé à euronews.

Vincent Ménard (euronews) : “Tony Parker, vous avez disputé une longue saison puisque vous avez atteint la finale NBA avec votre club. Vous êtes l’un des joueurs qui a joué le plus de matches cette saison. Comment vous vous sentez au début de cette préparation pour le championnat d’Europe qui aura lieu le mois prochain en Slovénie ?”

Tony Parker : “Je me sens bien, ça va. Le coach m’a préparé un petit programme aménagé pour ne pas que je me fatigue trop dès le début de la préparation. L’important, c’est d‘être en forme le 4 septembre pour le premier match donc je vais y aller tout doucement pour me remettre en forme et être à 100% pour le premier match”.

Euronews : “On dit que la première phase de poules est plutôt abordable; vous avez eu un bon tirage au sort…”

Tony Parker : “C’est vrai que c’est différent par rapport à ce qui s‘était passé il y a 2 ans. Il y a 2 ans, notre groupe était très très fort au début. Là, on a un groupe un peu plus abordable mais on sait très bien que sur un championnat d’Europe, sur une compétition, toutes les équipes sont dangereuses.”

Euronews : “Il y a 2 ans, l‘équipe de France a perdu en finale de l’Euro contre l’Espagne. Cette année, l’objectif c’est la médaille d’or et uniquement la médaille d’or ?”

Tony Parker : “Non, je pense que cette année on n’est pas les favoris parce qu’on a pas mal d’absents. Cette année, je pense qu’on peut essayer de créer la surprise. On a une équipe qui est assez jeune, on a beaucoup de nouveaux, beaucoup de gars dont c’est la première sélection donc il va falloir faire l’alchimie, jouer le rôle de grand frère et voir ce que ça peut donner. Mais on n’a pas la même équipe qu’il y a 2 ans.”

Euronews : “Selon vous, qui sont les favoris de cet Euro ?”

Tony Parker : “Les favoris, ce sont toujours les Espagnols; la Slovénie aussi va être très très forte chez elle. Les Serbes aussi vont être très très bons.”

Euronews: “Il y a beaucoup d’absents dans le secteur intérieur avec les forfaits de Noah, Turiaf, Mahinmi ou bien encore Traoré. Est-ce qu’on peut gagner l’Euro sans avoir un secteur intérieur dominant ?”

Tony Parker : “C’est vrai que c’est un peu dommage qu’ils ne viennent pas mais chacun a son programme et moi je respecte leur décision; il n’y a pas de problèmes. Donc maintenant il faut qu’on se concentre sur ce qu’on a et Alexis Ajinça a beaucoup progressé. C’est la grande surprise pour moi, c’est un autre joueur, ce n’est plus le même par rapport à la première fois que je l’avais vu en 2009. Et donc il faut voir comment ça va marcher. Joffrey Lauvergne aussi, c’est un très bon jeune qui vient d‘être drafté. Il joue avec beaucoup d‘énergie, donc il faut voir ce que ça va donner pendant les matches amicaux.”

Euronews : “Les Espagnols aussi ont beaucoup d’absents avec Pau Gasol, Juan Carlos Navarro et Serge Ibaka qui ont déclaré forfait. Est-ce que c’est la bonne année pour enfin les battre ?”

Tony Parker : “Ils sont costauds quand même ! T’as quand même pas mal de bons joueurs qui viennent, t’as quand même Marc Gasol, Rubio, Calderon; t’as encore une grosse équipe donc il faut voir.”

Euronews : “C’est un peu votre bête noire. Ils vous ont battu il y a 2 ans en finale de l’Euro et l’année dernière en quart de finale des Jeux Olympiques. Quelle est la clé pour réussir enfin à les faire tomber de leur piédestal ?”

Tony Parker : “Je pense que nous, il faut qu’on continue à progresser. C’est vrai qu’on n’est pas loin. J’ai l’impression que chaque année on progresse, on devient une meilleure équipe. Donc j’espère que cette année ce sera la bonne.”

Euronews : “Vous avez tout gagné en club, vous avez été 3 fois champion NBA, désigné meilleur joueur des finales en 2007. Qu’est-ce qu’il vous manque aujourd’hui ? Un titre majeur en équipe de France ?”

Tony Parker : “Oui, c’est clair. Quand on a eu notre médaille de bronze en 2005 c‘était la première fois, la première médaille depuis 50 ans. En 2011, on fait le meilleur résultat d’une équipe de France en allant jusqu’en finale. Donc maintenant il reste la dernière étape, la dernière marche qui est toujours la plus dure donc on va essayer. Cela ne va pas être facile cette année mais on va essayer.”

Euronews : “Vous êtes en équipe de France depuis l’an 2000. Vous êtes très attachés au maillot bleu. Vous avez envie de continuer jusqu’a Rio en 2016 ?”

Tony Parker : “Oui je vais jouer jusqu‘à Rio en 2016 car je prends toujours autant de plaisir avec l‘équipe de France.”

Euronews : “Vous êtes l’un des sportifs préférés des Français alors que vous vivez et que vous exercez votre métier aux Etats-Unis durant la majeure partie de l’année. Comment vous expliquez cette incroyable popularité ?”

Tony Parker : “Bah déjà je suis en France tous les étés, je suis là trois mois par an. J’ai un gros attachement à l‘équipe de France, je suis très fier de jouer pour le maillot bleu. Et je pense qu‘à travers mon investissement à l’ASVEL (le club de Lyon-Villeurbanne), mon investissement avec l‘équipe de France et les différentes publicités que je peux faire, c’est comme ça que ça s’explique. Mes camps de baskets aussi y sont pour beaucoup. Chaque année, je reçois plus de 530 jeunes dans mes camps de basket.”

Euronews : “Au printemps dernier, vous avez disputé et perdu la finale NBA contre le Miami Heat lors du match 7. Est-ce que vous avez digéré cette déception ?”

Tony Parker : “Non, je pense que je ne pourrais jamais digérer une défaite comme ça. C’est clair que c‘était difficile mais maintenant il faut tourner la page, et je me concentre sur l‘équipe de France.”

Euronews : “On dit que les Spurs sont une équipe vieillissante; Tim Duncan a 37 ans, Manu Ginobili 36. Est-ce que c‘était la dernière occasion pour vous de décrocher un titre NBA avec cette génération ?”

Tony Parker : “C’est vous les journalistes qui aimez bien dire ça ! Nous on est concentrés car chaque année on a l’impression qu’on a une bonne chance d’aller jusqu’au bout et l’année prochaine ce sera la même chose pour nous.”