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Iran: l'arrivée de Rohani suscite l'espoir d'une levée des sanctions

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Iran: l'arrivée de Rohani suscite l'espoir d'une levée des sanctions

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Quel impact ont les sanctions contre l’Iran dans la vie quotidienne de la population? A Téhéran, les prix de l’essence sont maintenus à un prix artificiellement bas grâce aux subventions gouvernementales. Les sanctions ont considérablement amputé les exportations de pétrole, pilier de l‘économie qui représente 80% des revenus de l’Etat.

Elles frappent aussi les importations de médicaments et d‘équipements médicaux. Par conséquent, la vie de patients souffrant d’hémophilie, de sclérose en plaques ou de cancer est en danger. Ceux qui sont traités par dialyse rencontrent aussi des difficultés.

“Presque 100% des médicaments dont les patients qui souffrent de maladies rares ont besoin viennent de pays étrangers. Si les sanctions continuent, la vie de ces patients est en danger, ils risquent vraiment de mourir.” souligne le Dr Ali Davoudian.

Malgré les difficultés, les Iraniens ont appris à se débrouiller. Mais aucune amélioration économique n’est possible sans la levée des sanctions. C’est pourquoi les attentes de la population sont énormes, avec l’arrivée d’un président prônant le dialogue avec les Occidentaux.

Mousa Ghaninejad: “Le langage du respect doit remplacer le langage des sanctions”

A Téhéran, notre envoyé spécial Olaf Bruns a rendu visite au Dr. Mousa Ghaninejad. Cet économiste renommé à l’origine de nombreux articles pour le quotidien économique Donya-e-Eqtessad est aussi l’instigateur d’une associations civique contre les sanctions économiques envers l’Iran.

Mousa Ghaninejad:
“Il s’agit d’une campagne ou d’un mouvement de la société civile iranienne destiné à réveiller l’opinion publique en Occident, en Europe et aux Etats-Unis au sujet des sanctions économiques. Les économistes iraniens estiment que ces sanctions entraînent deux problèmes majeurs. D’abord elles vont à l’encontre des règles du libre-échange. Ensuite, elles n’ont pas atteint les objectifs escomptés”.

euronews:
Les sanctions sont en place depuis longtemps. Pourquoi cette initiative intervient-elle maintenant ? Qu’est-ce qui a changé ?

Mousa Ghaninejad:
“Deux choses ont changé. Tout d’abord, une élection a eu lieu en Iran et avec elle l’arrivée d’un président modéré qui veut des relations pacifiques avec l’Occident. L’autre point important c’est l’impact très grave et très destructeur de sanctions accrues sur la vie des gens, en particulier ceux des classes inférieures de la société et de la classe moyenne. Aujourd’hui, notre pays est confronté à de gros manques en matière de médicaments et de produits alimentaires. Nous voulons que l’opinion publique mondiale soit au courant de ces problèmes afin qu’elle puisse comprendre que ces sanctions ne sont pas le bon moyen pour atteindre l’objectif affiché”.

euronews:
Si vous pensez que les sanctions ne servent pas les buts des Etats-Unis, alors à qui profitent ces sanctions?

Moussa Ghaninejad:
“Ces sanctions économiques et en particulier leur intensification serviront les radicaux en Iran comme à l’extérieur du pays, aux États-Unis et sur ​​la scène mondiale. En Iran, on voit que certains de ces radicaux considèrent les Etats-Unis et les sanctions économiques occidentales comme une “bénédiction” et ils aiment cette situation. Cela devrait être un signe pour les Américains de leur montrer qui bénéficie de cela. En fait, les sanctions affaiblissent ceux-qui sont à la recherche d’un dialogue et d’une solution et elles rendent plus forts ceux qui ne cherchent pas de solutions et ceux qui veulent maintenir leur position extrémiste. Et ces derniers ont de nombreux intérêts non seulement politiques mais aussi économiques”.

euronews:
Aux Etats-Unis, de nouvelles sanctions viennent d‘être votées. Etes-vous optimiste quant aux chances d’aboutissement de votre initiative ?

Moussa Ghaninejad:
“Nous n’aurions pas fait tout cela si nous n’avions pas été optimistes à ce sujet. Nous sommes optimistes, mais ce que les Américains ont fait il y a quelques jours était très inapproprié et le moment était mal choisi. Mais nous savons que, dans l’administration américaine et même au Congrès, il y a des gens qui sont contre ces sanctions. Nous voulons leur tendre la main afin, comme le dit le Président, de parvenir à un résultat. Au lieu de parler le langage des sanctions, ils doivent utiliser le langage du respect”.