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Hamdeen Sabah : "l'Egypte ne reviendra pas aux temps de Moubarak"


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Hamdeen Sabah : "l'Egypte ne reviendra pas aux temps de Moubarak"

Mohammed Cheik Ibrahim, euronews:
Bonjour, bienvenue pour cette interview spéciale. Nous allons essayer de mieux comprendre la crise politique et sécuritaire en Egypte. Nous sommes avec Hamdeen Sabah, ancien candidat aux présidentielles et l’un des dirigeants du front du salut national, bonjour, merci d‘être avec nous. Certains pays, des organisations humanitaires ont parlé d’emploi disproportionné de la force et des pays sont allés plus loin considérant qu’il s’agissait de crimes contre l’humanité, vous êtes l’un des dirigeants du Front du Salut national, qu’en pensez-vous?

Hamdeen Sabah:
Nous estimons que le peuple égyptien a décidé de mettre fin aux sit-ins, l’Etat égyptien s’y est employé après une certaine période de patience, de réflexion, et des avertissements prononcés dans le cadre de la loi. L’efficacité d’une opération de ce genre dépend du degré de résistance. Les pays européens qui ont fait ces commentaires, sont libres de le faire, mais nous les appellons à prendre en compte le contexte et les conditions de cette action. Nous leur rappellons quelque chose de très important : il y a une différence entre condamner des erreurs dues à la mise en œuvre d’une décision, et une position politique. Je demande à tous les pays européens qui condamnent, en fonction des critères humanitaires et des informations insuffisantes qu’ils ont obtenues, je leur demande ou ils étaient quand le terrorisme a frappé au Sinaï? Où étaient-ils lorsque les églises ont été incendiées en Egypte? Où étaient-ils lorsque des policiers ont été abattus dans des postes de police? et quand des gens innocents ont été attaqués dans les rues?

euronews:
Le Front du Salut est accusé de double langage, sur la position de l’armée et de la police, votre discours n’est pas le même aujourd’hui par rapport à la première révolution…

Hamdeen Sabah:
Quand le 25 janvier et le 30 Juin, l’armée a décidé de soutenir le peuple, nous lui avons exprimé le soutien et le respect que justifiait sa position en faveur du peuple égyptien. En ce qui concerne les policiers égyptiens, nous leur avions demandé d‘être avec le peuple, mais ils ont agi contre lui le 25 Janvier. Nous nous sommes donc opposés à eux. Le 30 juin par contre, ils étaient avec le peuple, et nous les avons soutenus. Il n’y a pas de double langage.

euronews:
Dans la rue égyptienne, on craint un retour à une sécurité d’Etat particulièrement puissante et déterminée, quel est votre avis?

Hamdeen Sabah:
En aucun cas le retour d’un Etat policier…. Il n’est pas du tout envisageable que l’Egypte subisse à nouveau un Etat policier, ou l’intrusion de quelque appareil sécuritaire que ce soit. Les gens ont prouvé qu’ils sont capables de confrontation et de résister à ce genre d’intrusion. Cela signifie que les gens sont prêts à dire non si ça recommence. Nous ne reviendrons pas au régime de Moubarak après avoir rejeté celui des Frères. Notre révolution du 30 Juin ne signifie pas que nous avons évincé Moubarak pour les Frères musulmans, et qu’après les Frères musulmans nous rétablirons le régime de Moubarak.

euronews:
Les pays occidentaux appellent à revoir les relations avec l’Egypte, et certains d’entre eux menacent de supprimer l’aide, quelles sont vos alternatives si une telle décision est prise?

Hamdeen Sabah:
Qui veut protéger ses intérêts en Egypte doit respecter la volonté du peuple égyptien, et nous saluons les nations arabes, à savoir l’Arabie saoudite, le Koweït et les Émirats arabes unis, Bahreïn, la Jordanie…Ces pays ont déclaré que si l’aide est coupée, alors les nations arabes sont riches en hommes et en fonds, et compenseront.

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