DERNIERE MINUTE

Vous lisez:

Des verres et des pailles détectent "la drogue du violeur"


monde

Des verres et des pailles détectent "la drogue du violeur"

L’invention est originale et fera sans doute parler d’elle: des verres munis de détecteurs de substances illicites pour prévenir les consommateurs des mauvaises surprises, voire des scénarios catastrophe en soirées : on la doit à une start up américaine, DrinkSavvy, qui compte bien commercialiser ses prototypes dès l’année prochaine.

Une bonne nouvelle dans le monde de la fête et de la nuit. Et pour tous ceux qui savent ce que “drogues du viol” veut dire. C’est sous ce qualificatif que se cachent des produits psychotropes ou sédatifs tels que GHB, Rohypnol et Ketamine… Souvent présentées comme un ecstasy en version liquide et consommées le plus souvent dans les fêtes et les raves comme stimulant et aphrodisiaque, ces drogues sont des substances incolores, inodores et solubles dans les liquides facilement utilisées les prédateurs sexuels.

C’est principalement le cas du GHB, l’acide gamma-hydroxybutyrique, un anesthésique utilisé pour traiter l’insomnie ou la dépression, et que l’on peut trouver sur internet. Une arme redoutable pour les violeurs, puisqu’il supprime toute résistance physique. Connu depuis les années 90, son utilisation à des fins sexuelles serait en constante augmentation dans les soirées et viserait bien sur d’abord les femmes et les jeunes. Mais bien difficile de quantifier le nombre des victimes : la prise de ces substances entraîne divers effets comme la léthargie, la confusion, ainsi que des étourdissements, et l’ amnésie, voire parfois le coma. La drogue ne laisse aucune trace après une période de 12 à 48 heures. Résultat, peu de plaintes de la part de victimes qui soit ne se souviennent pas, soit ont honte de qui s’est passé.

Un jeune ingénieur américain, Mike Abramson, a donc eu l’idée de créer un verre qui détecte la présence de GHB : au contact de la drogue, la paroi du verre se colore grâce à de petits capteurs. Le même système a été appliqué à une paille. Des verres et des pailles banalisés, qui passent donc inaperçus, et qui réagissent en 3 secondes. Lancée en décembre 2012, sa start up DrinkSavvy a vite convaincu et réuni 52 000 dollars grâce au site de financement collaboratif indiegogo.

Le jeune ingénieur a expliqué qu’il a lui même été victime du phénomène lors d’une soirée. Mike Abramson se rappelle de la peur qu’il a ressenti : «Se réveiller le lendemain matin sans avoir la moindre idée de ce qui a pu se passer la veille était terrifiant.» Quelques mois plus tard, avec l’aide John MacDonald, un professeur de chimie à l’Institut Polytechnique de Worchester, il mettait au point son concept contre les agressions sexuelles.

Ses produits ne seront pas commercialisés avant le printemps 2014. Mais les premiers exemplaires sont déjà prêts. Ils seront envoyés début septembre à tous ceux qui ont soutenu financièrement le projet. Et si plupart de ces donateurs souhaitent avoir le produit pour leur usage personnel, DrinkSavvy a déjà été approché par de nombreux bars et restaurants.

Chaque histoire peut être racontée de plusieurs manières differentes : retrouvrez les perspectives des autres journalistes d'euronews dans nos autres équipes linguistiques.

Prochain article

monde

USA : l’industrie pornographique à l’arrêt