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"The Act of Killing", l'étonnant documentaire de Joshua Oppenheimer

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"The Act of Killing", l'étonnant documentaire de Joshua Oppenheimer

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Lorsque Joshua Oppenheimer se rend en Indonésie pour réaliser un documentaire sur le massacre de plus d’un million d’opposants politiques en 1965, il n’imagine pas que, 45 ans après les faits, les survivants terrorisés hésiteraient à s’exprimer.

Les bourreaux, eux, protégés par un pouvoir corrompu, s’épanchent librement et proposent même de rejouer les scènes d’exactions qu’ils ont commises. Joshua Oppenheimer s’empare de cette proposition dans un exercice de cinéma vérité inédit où les bourreaux revivent fièrement leurs crimes devant la caméra, en célébrant avec entrain leur rôle dans cette tuerie de masse.

Joshua Oppenheimer : “Pour moi la question quand je suis tombé là dessus ce n‘était pas de faire un cours d’histoire sur un génocide qui en fait n’intéresse personne mais plutôt de témoigner du fait que je me trouvais dans un endroit où les auteurs du génocide étaient toujours au pouvoir. J’ai vu cela comme une façon de comprendre ces histoires que nous racontons pour justifier nos actions, comment nous créons notre réalité au travers de ces histoires, et comment nous sommes plus proches que nous le pensons des responsables…”

Le prochain film de Joshua Oppenheimer portera de nouveau sur le génocide de 1965. S’il retourne en Indonésie, Oppenheimer s’expose de son propre aveu à des représailles certaines : “C’est comme si en Allemagne, 40 ans après l’holocauste, les nazis étaient toujours au pouvoir et j’ai compris ce que cette situation pouvait impliquer pour moi et pour ma vie”.

Joshua Oppenheimer revient sur l’histoire de sa famille : “Mes parents étaient tous deux Allemands. L’un venait de Frankfort l’autre de Berlin. Les parents de ma femme étaient viennois. Ils ont fuit. Mais certains dans la famille ne l’ont pas fait et beaucoup ont été tués. Je pense que j’ai grandi avec ce sentiment que le but de la politique, de la moralité et peut-être de toute la culture c’est d’empêcher que ces choses ne se déroulent à nouveau. Et le fameux “plus jamais” peut trop facilement être remplacé par le “plus jamais contre nous”.

“The Act of Killing” qui est sorti en France en avril dernier et qui a été produit par Werner Herzog et Errol Morris vient tout juste d’arriver sur les écrans américains.