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Crise syrienne : l'éclairage d'un eurodéputé spécialiste des questions de sécurité


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Crise syrienne : l'éclairage d'un eurodéputé spécialiste des questions de sécurité

Punir l’usages d’armes chimiques, aussi odieux soit-il, est-ce que cela constitue une stratégie de sortie de crise ? Cette question, elle est ouvertement posée par un eurodéputé français. Alors que Paris dit attendre que se forme une coalition pour intervenir en Syrie, Arnaud Danjean, qui préside la Sous-commission Sécurité et Défense du Parlement européen, s’inquiète de l’option retenue :

“ Il s’agit de frappes punitives, dont on nous dit bien qu’elles ne doivent pas avoir d’impact ni sur le régime – dont on ne veut pas le renversement – ni sur le cours de la guerre puisque selon les mots-même de Jean-Marc Ayrault hier, on ne veut pas libérer la Syrie. J’ai envie de dire que d’un certain point de vue il serait plus cohérent de dire : on veut contraindre Bachar à négocier et à arrêter les massacres quelqu’ils soient, pas seulement chimiques mais aussi conventionnels, en lançant un opération d’envergure qui s’inscrive dans une vraie stratégie diplomatique “ , martèle Arnaud Deanjean.

Quant aux menaces de Bachar Al-Assad contre la France, qu’il qualifie de rodomontades, elles n’impressionnent pas vraiment cet ancien cadre du service français de renseignement extérieur :

“ Pardonnez-moi l’expression malheureuse, mais c’est de bonne guerre de la part de tous les dictateurs de promettre à chaque fois le pire à tous les pays qui s’en prendraient à eux. Je n’y crois pas beaucoup. En revanche, ce qui est certain, c’est qu’effectivement la région est un baril de poudre, et que les conséquences, plus particulièrement dans la région, au Liban notamment, peuvent être désastreuses. “

Et si l’Union européenne brille par son absence sur le dossier syrien ces dernières semaines, c’est pour Arnaud Danjean la faute à ces cavaliers seuls qui ont parlé trop vite d’intervention militaire :

“ Dès que vous parlez d’options militaires en Europe, vous mettez de côté beaucoup de pays qui n’en ont ni les moyens, ni l’envie, ni l’expérience, et vous éliminez une solution collective européenne par vous-même. Donc je crois que la France et le Royaume-Uni portent une lourde responsabilité dans le fait que l’Europe n’ai pas existé dans ce passage de la crise. “

Les ministres européens des Affaires étrangères se retrouvent en fin de semaine à Vilnius où il sera forcément question de la Syrie, mais c’est plus probablement dans le cadre du G20, ces jeudi et vendredi, que l’on peut espérer d‘éventuelles avancées.

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