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Oradour-sur-Glane : retour sur un drame


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Oradour-sur-Glane : retour sur un drame

Il ne reste que des ruines et le silence. Mais, à Oradour-sur-Glane, chaque mur parle, chaque pierre témoigne de l’horreur nazie. Ce village fantôme du Limousin a gardé le visage du 10 juin 1944, le jour où 642 personnes furent tuées par des SS, appelés en renfort sur le front de Normandie.

Le drame s’est produit quatre jours seulement après “D-Day”, le débarquement des Alliés en Normandie. L’offensive sonne le glas de l’occupation allemande en France et en Europe.

La deuxième division blindée SS “Das Reich” doit traverser la France pour rejoindre la Normandie et appuyer l’armée allemande. En chemin, elle s’arrête à Oradour-sur-Glane, à 20 km de Limoges.
Les Nazis rassemblent la population sur la place du village, puis ils séparent les hommes des femmes et des enfants.

Robert Hébras, qui avait 19 ans à l‘époque, est l’un des six survivants du massacre. Il fut conduit avec d’autres hommes dans cette grange.

“Je suis à cette hauteur, ici avec mes camarades. A la détonation, il y a une fusillade, on tombe les uns sur les autres. Après, ils nous couvrent de tout ce qui peut brûler, de foin, de paille, et tout et on met le feu sur nous, et quand le feu m’atteint, moi je prends la décision de sortir.”

Sa soeur et sa mère furent elles enfermées dans l‘église et brûlées vives, comme plus de 400 personnes, pour moitié des enfants. Un acte devenu, en France, le symbole de la cruauté nazie.

“Moi, le drame d’Oradour, il est dans ce lieu. C’est ici, c’est les femmes et les enfants qu’on a exécutés froidement”, ajoute Robert Hébras.

Heinz Barth fut le seul responsable du massacre à être jugé.
Sous-lieutenant dans la Waffen SS, il avait reconnu avoir tué lui-même entre 12 et 15 personnes, lors de son procès en 1983.
Il fut condamné à la perpétuité, puis libéré en 1997 en raison de son âge. Il mourut donc tranquillement dans son lit en 2007, de quoi aiguiser la colère des survivants.

Jean-Marcel Darthout a attendu longtemps que l’Allemagne admette que ce crime de guerre a bien eu lieu. Un crime sans doute motivé par la politique de la terre brûlée.

“Ils reconnaissent enfin qu’Oradour existe, a existé. Parce que pendant longtemps, Oradour n’etait pas vrai, c’etait pas vrai, Oradour, pour les Allemands”, raconte Jean-Marcel Darthout, aujourd’hui âgé de 89 ans.

Oradour a été transformé en cimetière, mais l’histoire du massacre est loin d‘être enterrée. Un nouveau village a été construit à proximité de ce lieu de mémoire.

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