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Navalny veut faire des municipales à Moscou un référendum anti-Poutine

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Navalny veut faire des municipales à Moscou un référendum anti-Poutine

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Moscou sera ce dimanche l‘épicentre de la vie politique russe à l’occasion des municipales.

Le maire sortant, nommé en 2010 par le Kremlin, a convoqué des élections anticipées.
Sergueï Sobianine mène une opération séduction auprès des Moscovites, mettant en avant les dizaines de millions d’euros investis pour faire de la capitale russe, une ville plus agréable à vivre.

“Nous dévoilons un nouveau bâtiment remarquable qui a été restauré. Moscou est en pleine renaissance. La rénovation des batiments historiques est en cours”, estime le maire sortant.

Face au candidat téléguidé par le Kremlin, grand favori de l‘élection, Alexeï Navalny tente de changer la donne. Le principal opposant au pourvoir est crédité de 18% d’intentions de vote. Un capital sur lequel il compte s’appuyer pour faire de ces municipales un référendum anti-Poutine.

“Nous avons réussi à battre en brèche l’idée du Kremlin selon laquelle personne ne peut mener une campagne électorale et réunir plus de 3% des intentions de vote sans l’appui financier du Kremlin et de sa chaîne de télévision”.

Alexeï Navalny a pourtant failli manquer cette élection. Condamné à 5 ans de prison au mois de juillet pour des accusations de malversations qu’il réfute, il a été libéré en attendant son procès en appel.

“Le système politique érigé par Poutine ne devait prendre aucun risque. ll devait se baser sur un monopole politique virtuel sans incertitude, sans surprise. Aujourd’hui, Alexeï Navalny – et je crois que c’est l’une de ses réussites – est parvenu à forcer les autorités à permettre qu’il y ait une certaine dose d’incertitude dans la vie politique russe”, estime Marion Lipman, analyste politique au Centre Carnegie de Mosocu.

Une dose d’incertitude contrôlée. En anticipant le scrutin, le Kremlin a coupé l’herbe sous le pied à un certain nombre d’adversaires, incapables de mener une campagne en si peu de temps.

Il s’agit aussi pour les autorités russes d’asseoir la légitimité de leur candidat via le suffrage universel. Car Sergueï Sobianine avait été nommé par le Kremlin par décrêt fin 2010 après le limogeage de son prédécesseur.

L‘élection du maire de Moscou est aussi stratégique pour le régime car 20% du PIB du pays est produit dans la capitale russe. Vladimir Poutine veut également affirmer son pouvoir dans le bastion de l’opposition de rue.

Quatre autres candidats participent à l‘élection.