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"Les Européens n'ont pas besoin de division, ils ont surtout besoin de se rassembler sur l'essentiel"


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"Les Européens n'ont pas besoin de division, ils ont surtout besoin de se rassembler sur l'essentiel"

Devant le Parlement de Strasbourg, José Manuel Barroso a prononcé son dernier discours sur l’Etat de l’Union avant les élections européennes de 2014. Le président de la commission européenne a défendu son action contre la crise économique que subit le Vieux continent depuis 2008. A la suite de son intervention, il a accordé une interview à Euronews:

Audrey Tilve, euronews:

Dans votre discours sur l’Etat de l’Union, vous avez beaucoup insisté sur les signes d’un retour à la croissance. Certains chefs de groupes politiques ont réagi en insistant sur le coût social de la crise et de l’austérité. Le tableau que vous avez dressé n‘était-il pas un peu trop optimiste?

José Manuel Barroso:

Je préfère me concentrer sur ce qu’il y a de positif parce que je crois que c’est aussi important de créer de la confiance avec les gens. L’Europe est en train de tout faire avec les instruments dont l’Union européenne dispose. Mais ce que l’on peut pas faire, c’est répondre avec des instruments qu’on ne nous donne pas. Dans mon discours, j’ai défendu très fermement l’Europe parce que je crois qu’il est important que les citoyens sachent ce que nous sommes en train de faire collectivement, notamment avec les institutions européennes.

Audrey Tilve:

Les eurosceptiques et les extrêmes gagnent du terrain un peu partout en Europe. On leur prédit même une percée aux élections européennes. Concrètement, quelle est la parade pour leur faire barrage, si toutefois, il y en a une?

José Manuel Barroso:

Il est vrai que dans les situations économiques difficiles, notamment lorsque le taux de chômage reste élevé, il y a la tentation des populismes. De l’extrême-droite à l’extrême-gauche, on tente de manipuler les sentiments des gens, leurs angoisses, leurs anxiétés et on leur présente des solutions simplistes à des problèmes complexes. Sur ce sujet, je compte sur les forces pro-européennes pour mener ce combat.

Audrey Tilve:

Que pensez-vous du fait que des pays comme le Royaume-Uni et même l’Allemagne parlent de rapatrier des pouvoirs au niveau national ? Madame Merkel n’est pourtant pas la moins europhile des dirigeantes…

José Manuel Barroso:

L’idée de renationaliser des compétences, en général, est une idée qui peut être très dangereuse. D’ailleurs, elle pourrait être une source de choc entre les gouvernements. Certains n’aiment pas la partie sociale, alors ils veulent en finir avec l’Europe sociale. Mais cela ne serait jamais accepté. D’autres n’aiment pas l’Europe environnementale, alors ils veulent en finir avec ses compétences en environnement. D’autres pensent de même dans d’autres domaines. Mais cela n’est pas possible!

Il faut que, dans tous les secteurs où nous avons des responsabilités, réduire, si on peut, la charge administrative, mais en évitant de faire de cela un combat idéologique qui ne peut que diviser, une nouvelle fois, les Européens. A l’heure actuelle, les Européens n’ont pas besoin de division, ils ont surtout besoin de se rassembler sur l’essentiel.

José Manuel Barroso répondra en direct aux questions des internautes à 20h30 sur Euronews.



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