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Gogolfest, le festival déjanté ukrainien

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Gogolfest, le festival déjanté ukrainien

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Sept actrices, quinze instruments et cinq langages, ces trois chiffres annoncent le programme des Dakh Daughters, un groupe ukrainien qui vient de se produire dans le cadre du festival Gogolfest. Cette bande de filles était très attendue par le festival après s’est fait connaître sur le net avec leur titre Rozy/Donbass, un mélange de sonnets shakespeariens, de chansons folk ukrainiennes et de récitatifs. Un cabaret déjanté, peuplé de freaks comme elles l’expliquent : « Freak pourrait être traduit par bizarre, nous sommes toutes bizarres et cela donne beaucoup de liberté dans le théâtre, dans la musique, partout ».

Et une autre actrice d’ajouter : « Tout ce que nous faisons vient de quelque part dans l’espace. On s’assied, chacune apporte ses idées et alors il y a un tout qui émerge. Pour ce qui est des instruments on joue de la contrebasse, du violoncelle, des claviers, de la batterie, de guitare, de l’accordéon, du violon, du xylophone, de la cornemuse, l’orgue est toujours dans les projets mais on va le faire ».

Le groupe puise ses origines dans le théâtre, tous ses membres appartiennent au centre d’art contemporain basé à Kiev et intitulé Dakh, ce qui veut dire le toit. Il est dirigé par Wladimir Troitsky, celui là même qui a créé le festival Gogolfest, il y a 6 ans : « Le message de Gogolfest c’est « arrêtez d‘être dépendants en espérant que quelqu’un va venir et améliorer votre vie ». C’est la raison pour laquelle le spectacle d’ouverture est intitulé « ni dieu, ni roi, ni tribune ». L’infrastructure ici est loin d‘être la meilleure, on se trouve dans une zone industrielle mais c’est peut-être précisément de cette sorte de chaos que peut sortir de la magie ».

Les Dakh Daughters se sont déjà produites à l‘étranger et notamment à Paris au théâtre Monfort dirigé par Stéphane Ricordel lequel s’est cette année rendu au Gogolfest pour une coproduction avec cette même fine équipe. La pièce s’intitule « la gare » et parle d’un chef de gare en quête d’amour.
Il n’y a eu que 10 jours de répétition mais qu’importe pour le metteur en scène français : « Elles sont vraiment professionnelles, elles vous donnent de la force, elles vous regardent droit dans les yeux, elles sont très impliquées dans le spectacle. Je voulais juste ajouter un peu d’elle dans le spectacle. C’est comme le rêve de ce gars Dima et les filles arrivent et partent comme dans un rêve. Ce gars est tout seul et rien ne se passe, mais elles fabriquent les rêves. »

Le festival Gogolfest se poursuit à Kiev jusqu’au 22 septembre.