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Albanie : objectif adhésion


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Albanie : objectif adhésion

Le nouveau premier ministre saura-t-il répondre aux attentes des Albanais ? Edi Rama a prêté serment il y a quelques jours et prend les rênes d’un pays à l’administration chaotique et à la corruption endémique. Pour lui, le salut de l’Albanie passe par son rapprochement avec l’Union européenne. Il en a fait une priorité absolue et veut décrocher le statut de pays candidat.

“ L’Albanie a fait des progrès en remplissant certaines conditions, explique Steven Blockmans du Centre for European Policy Studies, notamment la mise en oeuvre des exigences techniques. Ils ont maintenant un nouveau médiateur, ce qui était demandé. Ils ont supprimé l’immunité parlementaire et ils ont adopté une législation sur les tribunaux administratifs. Donc en ce sens, les progrès tangibles ont été réalisés. “

Si la Commission européenne a suggéré d’accorder au pays le statut de candidat, les Etats membres ne veulent rien précipiter. A l’Albanie de faire ses preuves :

“ L’Albanie étant le deuxième pays le plus corrompu d’Europe d’après Transparency international, et l’un des pays les plus pauvres d’Europe, elle aura des difficultés à remplir les conditions formulées de manière plus vague par la Commission européenne “ , poursuit Steven Blockmans.

Euronews a rencontré le nouveau Premier ministre pour qui l’adhésion devrait être possible d’ici une dizaine d’années. Voici la retranscription de cette interview :

euronews : “ Quand pensez-vous que l’Albanie pourra rejoindre l’Union ? “

Edi Rama : “ Nous avons fait beaucoup de progrès mais il y a encore beaucoup à faire et j’espère qu’au cours des 10 prochaines années, cette ambition deviendra réalité que le l’Albanie deviendra un membre à part entière de l’Union européenne. “

euronews : “ Que peut apporter l’Albanie à l’Union européenne ? On parle beaucoup d’une lassitude vis-à-vis de l‘élargissement. “

Edi Rama : “ Eh bien, même s’il y a lassitude, l’Europe a intégré un nouveau membre, la Croatie. Deuxièmement, l’Albanie est le plus pro-européen de tous les pays d’Europe. Le taux de citoyens favorables est plus élevé que dans n’importe quel pays membre. Donc à notre échelle et selon notre taille certes très modeste, nous apporterons à l’Europe notre énergie positive et notre enthousiasme. “

euronews : “ Mais j’imagine que ce ne sera pas convainquant pour les électeurs de certains Etats membres comme le Royaume-Uni où il y a déjà un grand débat sur l’Union européenne actuellement, ou comme la France et l’Allemagne. Il y a des inquiétudes liées à l’image de votre pays concernant la corruption. “

Edi Rama : “ C’est légitime dans une certaine mesure, mais c’est aussi très caricatural. Ce débat tourne surtout autour des frustrations des peuples dans les Etats membres, et leurs frustrations ne seront pas soulagées en maintenant à l’extérieur de la famille européenne les Albanais, les Serbes, les Macédoniens ou les Monténégrins. Cela n’a rien à voir. Celui qui est opposé à l‘élargissement l’est pour des raisons qui relèvent davantage de la politique intérieure que pour des inquiétudes liées à l‘évolution de l’Europe. “

euronews : “ Concrètement, que devez-vous faire ? Avez-vous dû réformer l’administration publique ? Quelles sont les réformes que vous entreprenez ? “

Edi Rama : “ C’est très clair. Ceux qui sont entrés, sont entrés par la voie de la modernisation. Donc, nous devons nous moderniser. Nous devons moderniser nos institutions,nos services, moderniser la façon dont nous communiquons. Nous sommes prêts à le faire et nous le ferons. “

euronews : “ Vous êtes connu pour avoir été le maire de Tirana. Etant donné que la corruption est endémique en Albanie, est-ce que vos principes ont parfois été compromis ? “

Edi Rama : “ Je pense que la corruption est le résultat d’un système dysfonctionnel, ce n’est pas dans l’ADN des gens. Parce qu’au final, s’il y a une agence dans laquelle il y a de la corruption, il ne s’agit pas de savoir si ce sont des Albanais ou des Britannique, il s’agit du fonctionnement de cette agence. Et si vous faites venir ces Albanais au Royaume-Uni dans votre administration, ils ne seront pas corrompus parce que cela ne fonctionne pas comme ça. Mais si je fais venir des gens de votre pays pour travailler dans cette agence en Albanie, il y a de grandes chances qu’ils deviennent corrompus. “

euronews : “ Est-ce qu’on a essayé de vous corrompre lorsque vous étiez maire ?

Edi Rama : “ Cela a pu arriver au tout début, mais après un refus ferme, cela ne s’est plus produit, bien que ce ne soit jamais arrivé de manière directe. Donc la corruption est une hydre qui tente certaines personnes lorsqu’il y a de grosses failles dans le système, qu’il n’est pas abouti. “

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