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Peer Steinbruck: expérimenté et controversé

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Peer Steinbruck: expérimenté et controversé

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S’il est une image qui marquera la campagne de Peer Steinbruck, c’est bien ce doigt d’honneur paru à la Une du Suddeutsche zeitung le 13 septembre. Cette réponse du candidat social démocrate à une interview muette du journal de gauche était sensée être une blague concernant ses gaffes à répétition, elle a divisé au reste l’opinion sur la capacité de l’intéressé à diriger le pays.

Le bouillonnant chef de file du SPD a peiné à s’imposer durant la campagne, et son franc parler, ses phrases malheureuses, son contact difficile avec ses concitoyens sur le terrain y sont pour beaucoup.

Pourtant, l’homme est expérimenté, excellent orateur, et apprécié des milieux économiques.

Peu connu sur la scène internationale, on l’a vu critiquer vivement la chancelière sortante pour la politique d’austérité infligée à la Grèce et aux pays du sud.

Mais aux yeux de certains commentateurs, les vues de l’ex ministre des Finances de Merkel lors de la grande coalition de 2005 à 2009 ne sont pas si éloignées de celles de sa rivale. Quand la crise a déferlé, il avait su mener des réformes difficiles en matière de rigueur budgétaire. Les deux rivaux se respectent.

Mais la comparaison s’arrête là : à 65 ans, le style de Peer Steinbruck qui depuis 2009 n‘était plus que simple député, est bien différent de celui d’Angela merkel selon le politologue Friedbert Rueb :

« Je dirais que Steinbrück est beaucoup plus une personne capable de leadership politique, il a beaucoup des idées sur la manière de modifier la société allemande, il a beaucoup de capacités à peser sur certaines questions politiques importantes – ce que Merkel ne ferait jamais. Il y a une différence dans la politique et dans la personnalité . “ .

Au début du mois, le duel qui a opposé Peer Steinbrück et Angela Merkel a permis au candidat social-démocrate de mettre ses talents d’orateur et sa maîtrise des dossiers en avant, boostant un peu une popularité à la traîne.

Son caractère entier, l’image solide qu’il donne de son couple, 38 ans de vie commune, plaident en sa faveur, mais l’homme souffre de sa désignation précipitée par son parti il y a un an, qui ne lui a pas permis de prendre vraiment ses marques.

Et puis ce Hambourgeois d’origine, issu d’une famille aisée, et représentant l’aile droite de son parti, n’illustre pas vraiment le social-démocrate traditionnel. Son image de bourgeois hédoniste peine à incarner un SPD qui a mis la barre à gauche. Même si les allemands sont sensibles aux thèmes sociaux qu’il défend, le pays se porte bien, et semble peu enclin au changement.

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