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Un musée dédié aux Européens partis pour l'Amérique

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Un musée dédié aux Européens partis pour l'Amérique

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C’est un musée mis sur pied pour ne pas oublier ces Européens partis chercher une vie meilleure outre-atlantique. Entre 1871 et 1934, la Red Star Line transporta dans ses paquebots 2,5 millions d‘émigrés. Et c’est dans les anciens hangars d’embarquement que ce musée ouvre ses portes ce week-end.

C’est sur le port d’Anvers, en Belgique, que débutait la grande traversée pour ces Européens. Mais avant cela, ils devaient en passer par une désinfection complète. Les Etats-Unis imposaient des contrôles médicaux stricts, et seules les personnes en bonne santé et aptes au travail pouvaient monter à bord. Les femmes enceintes étaient écartées d’emblée.

“ Il y a des histoires très émouvantes de familles qui n’ont pas été admises après les contrôles ici à Anvers ou à Ellis Island ou qui ont dû laisser un enfant derrière elles “, explique Luc Verheyen, commissaire du musée.

Des histoires comme celle d’Ita, une jeune juive d’origine ukrainienne. Atteinte de trachome, elle fut recalée arrivée aux Etats-Unis et dû faire seule le voyage de retour. Ce n’est qu‘à sa troisième tentative, à l‘âge de 14 ans, qu’elle pu rejoindre sa famille.

“ Ce voyage a sauvé nos vies à mes parents, à mon frère et à moi-même “, raconte Sonia Pressman Fuentes. “ Nous vivions en Allemagne et Hitler est arrivé au pouvoir. Le 30 janvier 1933, il est devenu chancelier du Reich, et peu après, mon frère a réalisé quel danger Hitler représentait pour les juifs et il a convaincu mes parents de quitter l’Allemagne. “

Einstein et son épouse firent eux aussi la traversée. C’est à bord du paquebot en partance pour les Etats-Unis qu’il apprend qu‘à Berlin, les nazis ont saisi tous ses biens. Il écrira sur du papier à en-tête de la Red Star Line sa lettre de démission à l’académie prussienne des sciences.

“ Ils ne voyageaient pas qu’en première ou en deuxième classe, beaucoup voyageaient en troisième classe et ce n‘était pas facile “, relate Koen Kennis, en charge du tourisme à Anvers. “ Mais ils sont arrivés aux Etats-Unis et ils sont parfois devenus des gens importants. Irving Berlin et d’autres ont pris ces bateaux de la Red Star Line et ils ont vécu leur rêve américain. “

A travers des témoignages sonores, des objets et des documents d‘époque, tous ces destins sont retracés. Et le musée espère voir des Américains en quête de racines faire le voyage inverse.