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Chasse à la "veuve blanche", une Britannique transformée en jihadiste


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Chasse à la "veuve blanche", une Britannique transformée en jihadiste

La “veuve blanche”, on ne peut pas trouver meilleur surnom pour marquer les esprits. Samantha Lewthwaite, la jeune Britannique soupçonnée d‘être une activiste du mouvement islamiste des shebab, ne l’a sans doute pas choisi. Elle est d’abord une “veuve noire”, comme on appelle les femmes des combattants islamistes qui sont devenus kamikazes. En langue swahili, parlée notamment au Kenya, elle est aussi connue comme “Dada Muzungu”, la “soeur blanche”. Quand la “veuve noire” a épousé la cause des shebab en Afrique de l’Est, Samantha Lewthwaite est devenue la “veuve blanche”.

Son nom a refait surface pendant et après la tuerie perpétrée dans le centre commercial Westgate à Nairobi, mais les assaillants shebab ont démenti sa participation. En émettant une demande internationale d’arrestation à son encontre, Interpol semble confirmer que la Britannique de 29 ans ne fait pas partie des terroristes tués ou arrêtés. Cependant, la “veuve blanche” est traquée depuis deux ans par les services de sécurité du Kenya pour son implication présumée dans plusieurs autres affaires de terrorisme.

Epouse de l’un des kamikazes du métro londonien

Samantha Lewthwaite est née en Irlande du Nord. Son père, un soldat britannique, y était stationné dans les années 1970, avant d’aller s’installer avec son épouse dans la petite ville anglaise d’Aylesbury, dans le nord-ouest de Londres. Petite, témoigne un conseiller municipal de la localité, Samantha “n’avait pas beaucoup confiance en elle. Elle était suiviste plutôt que meneuse”. En 1995, ses parents se séparent, elle est triste et perturbée. Elle va trouver du réconfort auprès d’une famille musulmane qui vit à Aylesbury, et dès l’adolescence, elle se convertit à l’Islam et prend le nouveau prénom de Sherafiyah.

Sherafiyah porte désormais le hijab, le voile islamique, et une djellaba. En 2002, elle étudie la religion dans une école de Londres, et fait la connaissance d’un jeune Britannique d’origine jamaïcaine grâce à internet. Germaine Lindsay s’est également converti à l’Islam, changeant de prénom pour Jamal. Jusque-là, rien de plus banal, le couple se marie et a son premier enfant début 2004. Samantha Lewthwaite attend même leur deuxième enfant quand le bonheur bascule dans l’horreur. Germaine Lindsay est l’un des kamikazes qui ont commis les attentats sanglants dans le métro londonien le 7 juillet 2005. Il se fait exploser sur la ligne de Piccadilly, tuant à lui seul 26 personnes sur les 52 morts.

Surnommée “veuve blanche” par les islamistes shebab

La jeune femme britannique aux yeux bleus condamne l’acte de son mari. “Les mosquées ont empoisonné son esprit”, explique-t-elle. Puis Samantha Lewthwaite disparaît de la circulation en Grande-Bretagne et se fait oublier. En 2008, elle vit à Johannesburg en Afrique du Sud, où elle a pu entrer grâce à un faux passeport. Selon le ministère sud-africain de l’Intérieur, ce passeport, utilisé jusqu’en février 2011, était au nom de Nathalie Faye Webb. C’est fin 2011 que la musulmane aux multiples identités se fait vraiment connaître comme “veuve blanche” au Kenya.

En décembre, dans la ville de Mombasa, sur la côte est, Jermaine Grant, un Britannique converti à l’Islam, est arrêté pour tentative d’attentat. Samantha Lewthwaite, sa complice présumée, réussit à échapper à la police kényane. C’est elle qui aurait loué l’appartement où des produits chimiques et tout le matériel nécessaire pour fabriquer des bombes ont été retrouvés par les policiers. Des attentats étaient programmés contre des hôtels et des restaurants de Mombasa. La “veuve blanche” est aussi soupçonnée d’avoir participé à l’organisation d’une attaque à la grenade contre un bar de la même ville côtière en juin 2012; l’attentat avait fait trois morts et 25 blessés.

Les services de l’antiterrorisme au Royaume-Uni estiment que pas moins de cinquante citoyens britanniques mènent la “guerre sainte” au sein du mouvement islamiste des shebab. La “veuve blanche” en fait partie, les shebab l’ont qualifié de “femme courageuse” dans un récent communiqué.

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