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En Autriche, l'extrême droite séduit les jeunes

La dernière tendance au sein des partis d’extrême droite en Europe, c’est d‘être politiquement fréquentable, de caresser l‘électeur “dans le sens du poil” en dénigrant les partis traditionnels et les instances européennes, et surtout de surveiller son langage. Surtout pas de dérapage incontrôlé contre les juifs, les musulmans, les homosexuels et autres boucs émissaires ! Et ça marche, comme vient de le prouver le FPÖ en Autriche. Son chef, Heinz Christian Strache, jugé beaucoup moins charismatique que le défunt responsable historique du FPÖ Jörg Haider, peut maintenant se vanter d’avoir choisi la bonne stratégie. L’extrême droite autrichienne a encore bondi plus haut que lors des élections législatives de 2008.

Une image plus “branchée” de l’extrême droite

C’est à 36 ans que Heinz Christian Strache est devenu le jeune et souriant président du FPÖ. Difficile de succéder à Jörg Haider, difficile de faire oublier le scandale qu’il avait provoqué en Europe en disant tout le bien qu’il pensait de la politique de l’emploi sous le Troisième Reich. Strache aura mis huit ans pour se forger sa propre image, celle d’un homme qui vit plus avec son temps, et qui est moins radical…en apparence !

L’homme politique viennois concentre ses tirs sur l’exécutif européen de Bruxelles et les sociaux-démocrates et conservateurs qui continuent de se partager le pouvoir en Autriche. Il dit aimer qu’on l’appelle tout simplement “HC”, il utilise habilement Facebook pour séduire les jeunes et il fréquente les boîtes de nuit, où il lui est même arrivé de chanter son programme politique sur un rythme de hip-hop. Résultat, le FPÖ a pris la première place dans le coeur des électeurs de moins de trente ans.

Des amis beaucoup moins fréquentables

Heinz Christian Strache a beau éviter tout dérapage verbal violent, comme aimait le pratiquer l’ancienne génération d’extrême droite, il se “lâche” parfois comme il l’a fait durant la campagne de ces élections législatives. Il a par exemple prêché “l’amour du prochain, mais s’il est Autrichien”. Pire, le chef du FPÖ s’est laissé rattraper par un vieux démon en publiant l‘été dernier une caricature antisémite sur sa page Facebook. Ce dessin montrait un gros homme au nez crochu, censé représenter un banquier, en train de se gaver de nourriture face à un homme maigre, censé représenter le peuple. Un relent digne des années 1930-1940 que la communauté juive autrichienne a bien sûr dénoncé avec force.

Deuxième attaque virulente, toujours sur Facebook, cette fois contre les musulmans. On voit Heinz Christian Strache en photo en train de manger du jambon, et la légende est la suivante: “Si tu manges du porc, tu peux rentrer !” En arrière-plan sur la photo de famille du principal parti de l’extrême droite autrichienne, il y a également deux hommes dont on parle peu en Europe mais qui sont bien connus du Centre Simon Wiesenthal et du DÖW, le Centre autrichien d’archives et de documentation sur la résistance.

Le premier homme s’appelle Martin Graf, membre du FPÖ et d’un Burschenschaft nommé Olympia. Les Burschenschaften sont des sociétés d‘étudiants créées en 1815, et qui depuis 1920 refusent toute personne juive comme membre. Selon le DÖW, le groupe Olympia a la particularité d’inviter régulièrement en son sein des personnalités néo-nazies et des négationnistes. Le deuxième grand ami de Heinz Christian Strache s’appelle John Gudenus. Par deux fois, l’actuel sénateur s’est vu contraint de démissionner, d’abord de son précédent poste de député, puis du parti FPÖ lui-même, car il niait publiquement l’existence des chambres à gaz pendant la Seconde guerre mondiale. “Cela reste à vérifier” persiste-t-il.

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