DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

La Gambie joue la carte de l'écotourisme

Vous lisez:

La Gambie joue la carte de l'écotourisme

Taille du texte Aa Aa

C’est un pays qui passerait presque inaperçu sur une carte de l’Afrique de l’Ouest : la Gambie. Ce petit territoire enclavé dans le Sénégal a su s’appuyer sur sa nature exceptionnelle pour développer l‘écotourisme. On se croirait dans une volière géante à ciel ouvert : plus de 500 espèces d’oiseaux – parfois, des espèces très rares – y sont répertoriées. Aux côtés de Solomon Jallow, ornithologue et guide professionnel très connu dans tout l’ouest africain, nous découvrons la richesse naturelle du Parc national appellé “Réserve des oiseaux de Tanji.” “Nous sommes en bordure de l’Océan atlantique, c’est par là que les oiseaux arrivent de différents continents,” fait-il remarquer avant d’ajouter : “ils se reproduisent sur une île du secteur, c’est pour cela que cette réserve naturelle est très importante pour les Gambiens, mais aussi pour les touristes.”

Notre guide nous explique également qu’ici, les oiseaux “ne sont pas farouches, on peut les approcher même de très près, ils sont très colorés et très importants dans la liste des espèces que l’on peut observer dans cette région du monde,” poursuit-il. “A certaines époques de l’année,” précise-t-il, “la plupart des oiseaux observables en Afrique, on peut les voir en Gambie.”

“C’est parfait pour commencer à découvrir l’Afrique,” renchérit un touriste, “parce que les guides sont très compétents, la nature est magnifique et les oiseaux sont très faciles à observer.”

Prenons la direction du sud sur la rivière Mandina pour aborder un Lodge. La Gambie a décidé de développer un écotourisme de qualité à l’image de Makasutu – “la forêt sacrée” en dialecte local – qui fut élu meilleur gîte écologique au monde par le “Sunday Times.”

Des écolodges de luxe ont été construits à fleur d’eau, en bordure d’une mangrove luxuriante que les propriétaires, deux Anglais expatriés, souhaitent préserver au maximum. Pour limiter l’impact de la fréquentation touristique, les installations ont une capacité d’accueil réduite, des panneaux solaires couvrent les besoins en électricité et on veille à impliquer les populations pour développer l‘économie locale. “Tous les employés qui travaillent ici viennent des villages alentour,” insiste le directeur général Lawrence Williams, “mais on a aussi concentré nos efforts sur la forêt,” dit-il, “on a essayé de s’assurer que notre environnement immédiat était protégé tout comme la forêt et la mangrove tout autour.” Mais ce ne sont pas les seules actions menées par ses professionnels du tourisme : “notre projet de conservation Ballabu concerne un secteur de 85 km² autour de Makasutu et à l’intérieur, nous lançons une nouvelle opération nommée “Murs en libre accès” qui mêlent street art et communautés locales,” détaille Lawrence Williams. “Depuis trois ans, j’invite des artistes du monde entier pour qu’ils viennent peindre dans les villages : on a peint sur les murs des maisons,” ajoute-t-il, “l’idée, c’est d’y amener des touristes qui paieraient pour voir ces oeuvres, ce serait une source de revenus pour les habitants.”

Niché dans la forêt africaine, en bordure de kilomètres de plages désertes, un autre éco-lodge baptisé Sandele se veut lui aussi durable. Il porte le nom d’une fondation à l’origine de projets internationaux au profit des populations locales, notamment en matière d‘éducation. Certains sont organisés sur le site, d’autres dans les villages alentour. “Notre crédo,” souligne Mata Amba, manager de l‘établissement, “c’est principalement d’aider les habitants : ce sont eux qui ont construit le bâtiment sachant qu’on n’utilise pas de ciment, pas d‘électricité, on utilise l‘énergie solaire.”

Autre lieu, autre approche : les îles Baboon, au coeur de la rivière Gambie. Nous sommes dans un havre de paix pour les chimpanzés. Des animaux protégés dans le cadre d’un vaste projet mené ici depuis 1979. On est invité à découvrir leur mode de vie, mais à distance, depuis un campement – là encore – respectueux de l’environnement. “Les chimpanzés sont notre priorité,” déclare le manager du projet de conservation des chimpanzés Patrick Lewis, “mais l’une des difficultés que nous avons, c’est le financement : on a des ressources extérieures,” fait-il remarquer, “mais on s’est aussi lancé dans l‘écotourisme pour nous aider à répondre aux besoins des chimpanzés et à veiller sur eux.”

Bonus:
Tourism in Gambia, interview with the Minister of Tourism and Culture