DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

En Tunisie, le gouvernement n'a toujours pas démissionné

Vous lisez:

En Tunisie, le gouvernement n'a toujours pas démissionné

Taille du texte Aa Aa

Pas d’avancée politique en Tunisie. Le dialogue national est de nouveau reporté, le gouvernement n’ayant toujours pas démissionné, alors que des combats ont fait une dizaine de morts dans le centre du pays.

La Tunisie est toujours en proie aux violences : six gendarmes et deux islamistes ont été tués, ce mercredi, dans des affrontements dans la région de Sidi Bouzid. Les combats auraient été déclenchés par une intervention des forces de l’ordre dans la maison où résidait un groupe armé.

Les affrontements avec les djihadistes se multiplient ces derniers mois.

Deux ans après l’arrivée au pouvoir d’Ennahda, les islamistes s’accrochent au pouvoir

Dans le même temps, plusieurs milliers de personnes sont descendues dans la rue à Tunis, avenue Bourguiba – haut-lieu de la révolte en 2011 – pour faire pression sur le gouvernement islamiste d’Ali Larayedh.

Le dialogue national au point mort

L’opposition attend toujours la démission du Premier ministre, conformément à la feuille de route établie pour sortir de la crise politique. Pour les manifestants, c’est un préalable à tout dialogue national. L’assassinat d’une figure de l’opposition, le député Mohamed Brahmi, a précipité le pays dans l’impasse politique, il y a trois mois.
Le parti Ennahda avait été élu le 23 octobre 2011 et ne devait rester qu’un an au pouvoir.

“Ce gouvernement a fait des promesses. Il a signé une feuille de route. Il s’est officiellement engagé à ne gouverner qu’un an. Mais, il continue de proférer des menaces, de garder ses sièges au parlement, de soutirer de l’argent aux gens et de rédiger un brouillon de constitution, alors que celle-ci n’a pas encore été écrite”, estime la comédienne Najoua Zouhir, dans le cortège des manifestants.

Démission : un engagement “sur le principe”

Ménageant l’ambiguïté, le Premier ministre a fini par renouveler son engagement à quitter le pouvoir, sans pour autant fixer de calendrier précis. Sa déclaration est intervenue avec cinq heures de retard, ce mercredi soir, empêchant, de fait, les négociations de débuter.

Le président tunisien, Moncef Marzouki, s’est voulu rassurant, affirmant que le Premier ministre lui avait confirmé “qu’il ne reviendrait pas sur le principe d’une démission tant que l’Assemblée nationale constituante acceptait de désigner une commission électorale indépendante (…) et achevait la Constitution”.

Pour l’opposition, Ennahda joue la montre et fait tourner la Tunisie en rond.