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Imprimantes 3D : elles arrivent chez nous


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Imprimantes 3D : elles arrivent chez nous

Elle se démocratise et entre dans nos foyers. Pour beaucoup, l’imprimante 3D sera, demain, un objet aussi répandu que les ordinateurs aujourd’hui.

Verres, jouets, pizzas, pièces automobiles… Beaucoup d’objets sont aujourd’hui imprimables. Mais la vraie révolution industrielle, la troisième, comme l’appellent certains spécialistes, c’est de pouvoir le faire soi-même, chez soi.

Si la fin d’année 2013 va marquer l’arrivée des imprimantes 3D sur le marché grand public, avec la commercialisation de la Buccaneer à moins de 300 € et de la RepRap Morgan pour moins de 100 €, 2014 promet d’être encore plus concurrentielle. La Peachy Printer, dont la sortie est prévue pour le mois de juillet, ne devrait coûter que 70 € et pourrait aussi faire office de scanner 3D.

Posté sur Kickstarter, un site de financement participatif (crowdfunding en anglais), le projet a récolté près de 600 000 $ (443 000 €) en seulement vingt jours, soit douze fois plus que son objectif initial de 50 000 $ (37 000 €). Un résultat qui prouve l’engouement des particuliers pour l’impression 3D.

Pour faire ses propres objets, les ingrédients sont simples : un ordinateur, un fichier numérique de modélisation en trois dimensions facilement téléchargeable, une imprimante 3D et des « cartouches de matériaux », en vente par exemple sur Amazon, pour environ 35€ la bobine de plastique. Bientôt un scanner sur iPad pourrait même voir le jour En supprimant le calcul manuel des dimensions de l’objet désiré, il faciliterait le processus pour les particuliers.

Trois procédés d’impression…

Selon les modèles, les techniques divergent. Actuellement, trois types d’impression coexistent : le FDM (Fuse deposition modeling), un modelage par dépôt de matière fondue, la SLA (stéréolithographie) qui utilise une lumière UV qui solidifie une couche de plastique liquide et le fritage sélectif par laser, qui agglomère une couche de poudre.

Pour ces trois techniques le procédé de départ est cependant identique. Il faut dessiner l’objet souhaité sur un logiciel de CAO (Conception assistée par ordinateur). Les plans sont ensuite transmis à l’imprimante qui transforme le fichier 3D en fonction du type d’impression. Un nouveau logiciel prend alors le pas pour envoyer les instructions à la machine qui « imprime » les objets.

Plastique, cire, métal… Selon l’imprimante et son procédé, une panoplie de matériaux peut être utilisée.

Vidéo explicative du fonctionnement d’une impression par FDM (modelage par dépôt de matière fondue) :

Une multitude de domaines d’application

L’industrie dentaire, aérospatiale, automobile, le cinéma et la bijouterie de luxe utilisent déjà depuis quelques années l’impression 3D pour la réalisation de pièces finales.

Pour les objets plus accessibles (coques de téléphones, gâteaux, vêtements, jantes de voiture, sculptures en chocolat…), les possibilités de création semblent infinies et les recherches progressent.
Un bébé a même été sauvé d’une mort certaine grâce à une attelle trachéale fabriquée par une imprimante 3D. Autre exemple, au Japon, l’imprimante 3D a été intégrée dans un programme pédagogique pour enfants malvoyants.



Du médical aux objets du quotidien, les capacités de l’impression en trois dimensions semblent donc illimitées et prometteuses. Mais pour les particuliers, nous n’en sommes pas encore là. Les machines à bas prix qui leur sont destinés se concentrent principalement sur la fabrication d’objets en plastique, pour le moment du moins, et à condition d’y mettre le prix bien sûr…
Cependant, le plastique n’a pas arrêté un américain qui a fabriqué la première arme à partir d’une imprimante 3D : le Liberator. De quoi faire réfléchir…

L’un des obstacles principaux, et pas des moindres, c’est l’impossibilité d’imprimer des objets comprenant plusieurs matériaux en une fois. Pour l’instant, comme l’a expliqué Duncan Stewart du cabinet Deloitte à La Tribune : « On peut imprimer en 3D des sabots de plage en résine de plastique [type Crocs] mais pas une paire de chaussures de sport de performance, composée de 50 à 60 matières différentes. »

Cependant, à terme, si les possibilités de fabrication pour les particuliers s’étendent, ce qui devrait être le cas, cette démocratisation en marche pourrait bien bouleverser l’organisation entière de l’économie.

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