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Amnesty International défend les Saoudiennes au volant

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Amnesty International défend les Saoudiennes au volant

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“Femme au volant, mort au tournant !”, cette expression machiste d’un autre âge n’a pas lieu d’exister en Arabie saoudite. C’est terrible de l‘écrire mais c’est presque “dommage” ( pardon à toutes les lectrices ) car cela voudrait au moins dire que les femmes conduisent dans ce royaume. Or, ce n’est pas le cas, l’Arabie saoudite est le dernier pays au monde où les femmes n’ont pas ce droit élémentaire. Aucune loi, pas même la charia, ne leur interdit de conduire, mais c’est le droit coutumier qui s’impose. Pour les autorités et les ultra-religieux, c’est tout simple, la Saoudienne doit rester chez elle à l’abri.

Alors, comme partout dans le monde quand leur liberté est menacée, des femmes se lèvent et disent “non”. Un groupe de plusieurs dizaines de militantes mène une campagne de revendication depuis des années. Il invite les Saoudiennes à mettre en ligne sur internet des vidéos les montrant en train de conduire. Il ne s’agit pas, en effet, de refaire l’erreur commise en 1990. Une quarantaine de femmes avaient défilé au volant de leurs voitures dans les rues de la capitale, Ryad. Elles avaient été arrêtées et poursuivies.

Amnesty condamne l'infantilisation des Saoudiennes

“En septembre 2011, une Saoudienne qui avait osé conduire avait même été condamnée à recevoir dix coups de fouet”, indique à Euronews Geneviève Garrigos, la présidente d’Amnesty International France. “La peine n’avait heureusement pas été appliquée”. Récemment, le 10 octobre dernier, deux femmes, l’une qui conduisait et l’autre qui la filmait, ont également été arrêtées. “Les autorités affirment que la société saoudienne n’est pas prête, mais c’est faux !” explique Geneviève Garrigos.“35 vidéos montrant des femmes au volant circulent sur YouTube, poursuit-elle, et sur l’une d’entre elles, on voit des piétons faire des signes d’encouragement à la conductrice. La société n’est donc pas dans le refus”.

Une pétition avait aussi été lancée en septembre dernier sur un site web créé par les “rebelles”. Plus de 16.000 signatures avaient été recueillies, mais depuis, le site a été fermé par la police saoudienne. “Il ne faut pas que ces femmes se découragent, alors on doit leur montrer qu’on les soutient”, dit la présidente d’Amnesty International France. “Les autorités de Ryad doivent se retrouver face à leur propres contradictions. Il n’y a pas de transport en commun. Les Saoudiennes qui ont fait des études supérieures ne peuvent pas aller travailler, à moins de prendre un chauffeur et de dépenser l’argent gagné. C’est du patriarcat, de l’infantilisation des femmes !”

Autre contradiction, en août dernier en Arabie saoudite, une loi pénalisant les violences domestiques a été votée. “Mais comment les femmes peuvent-elles aller se plaindre puisqu’elles ne peuvent pas se déplacer ?” questionne Geneviève Garrigos. La pression des organisations de défense des droits de l’Homme s’accentue à un moment délicat pour le pouvoir. Il passe actuellement son Examen périodique universel devant le Conseil des droits de l’Homme à Genève ( comme tous les Etats membres de l’ONU ) et quand il affirme qu’il n’y a pas de discrimination entre les femmes et les hommes saoudiens, il a du mal à convaincre.