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Le design en effervescence à Dubaï


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Le design en effervescence à Dubaï

En matière de design haut de gamme, on pense Londres, New York, Milan, Paris, Bâle ou Miami mais pas forcément Dubaï. Lorsqu’on découvre que la ville accueille Downtown Design, salon du design haut de gamme, à l’ombre de la Burj Khalifa, la plus haute tour du monde, on est en droit de s’interroger. Même si conjuguer le design sur le seul mode du cliché dans la plus importante ville des Emirats arabes unis serait une erreur. Car depuis plusieurs années, la ville est connue pour sa créativité, son ouverture d’esprit, sa vision. Et “l’appétence pour les pièces de design copiées et clinquantes que l’on remplace tous les deux ans aurait tendance à se réduire” explique Dorian Pauwels, directeur d’Ikonhouse dont le showroom de Dubaï s’articule autour du design scandinave. “De nombreux émiratis ont été formés en Europe et aux Etats-Unis” poursuit-il. “Ils se sont lassés du “show off” et commencent à se tourner vers une offre haut de gamme, des produits mieux façonnés, avec des matériaux nobles et durables. C’est une tendance régionale. Elle touche également l’Arabie Saoudite”.

Une aubaine pour les professionnels. Depuis trois ans, le secteur doit faire face tout à la fois au ralentissement du marché européen – premier marché mondial des éditeurs haut de gamme – et à la croissance constante des nouveaux marchés, Asie et Brésil en tête. La filière italienne, par exemple, a vu ses ventes intérieures chuter de 4,8 % entre 2010 et 2011 et ses exportations croître de 9,6 % dans le même temps. Et les Emirats arabes unis représentent un marché non négligeable. Ils occupent la 10ème place dans le classement des importateurs de marques italiennes. Soit plus de 200 millions d’euros d’achat total en 2012. Une tendance à la hausse qui s’est confirmée au cours des deux premiers mois de 2013, suite notamment à d’importantes commandes dans l’immobilier d’envergure. Le dynamisme économique et culturel de Dubaï – mais plus généralement des Émirats arabes unis et du Moyen-Orient – pourrait s’avérer vital pour la croissance du secteur.

Dubaï se rêve donc en rendez vous incontournable du design haut de gamme. Les marques internationales emblématiques représentées à Downtown Design participent de cette vision. Elles cherchent à toucher et établir un dialogue avec les particuliers, mais aussi et surtout avec les architectes, les promoteurs immobiliers et les architectes d’intérieur du Moyen Orient.

Avec des œuvres de Fritz Hansen, Carl Hansen et Louis Poulsen, Dorian Pauwels s’incrit dans cette nouvelle approche. Ce fils d’architecte installé à Dubaï depuis quelques années a ouvert son showroom afin de “proposer des pièces scandinaves minimalistes où priment une sélection rigoureuse des matériaux, des techniques d‘élaboration et de production optimales, une histoire qui s’inscrit dans la transmission. Je veux proposer un design haut de gamme durable plutôt que consommable”.

Reste qu‘à l’instar des designers, toutes ces marques sont étrangères. Les “locaux” se comptent sur les doigts d’une main. Pour les croiser, il faut aller vers des structures comme l’Institut Français d’Abu Dhabi qui à la faveur de son exposition itinérante “nouvelle vague” a choisi de mettre en exergue le travail de cinq designers dont un émirati Khalid Shafar. Né à Dubaï, formé à Londres et en Nouvelle Zélande, Khalid Shafar a vu ses pièces exposées à Tokyo, Paris, Berlin, Milan. Mais il regrette de devoir se tourner vers des fabricants européens. “En matière de design, aucune entreprise du Golfe ne table pour l’instant sur la qualité. La main d‘œuvre n’est pas assez qualifiée. Les investissements se font à court terme. Mais je reste optimiste. La région est tellement avide de créativité que les galeries et mêmes les centres d’expositions nationaux accueillent peu à peu des designers locaux. On voit même s’ouvrir des structures de formations”.

Bref, ici à Dubaï, le marché du design gagne en maturité et en visibilité. Si l’architecture vise depuis longtemps les hauteurs, il semble que le design cherche à tutoyer ses propres sommets.

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