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L'innovation et la crise

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L'innovation et la crise

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Comment les politiques innovantes peuvent-elles se développer dans des périodes difficiles comme celle que nous vivons aujourd’hui ? C‘était le fil rouge du 2ème Forum international de l’innovation de Moscou qui réunissait vendredi les autorités russes, des investisseurs, des entrepreneurs et des experts internationaux.

Qu’est-ce que la qualité dans l’innovation ? Quelles compétences distinguent les innovateurs des autres ?

“Pour moi, affirme Bob Metcalfe, professeur d’innovation à l’université d’Austin au Texas, et co-inventeur de l’ethernet; ce qui fait la différence c’est d‘écouter les clients, avec attention. C’est pourquoi dans nos classes quand on enseigne la façon de gérer une entreprise, on insiste sur la chose la plus importante qui est de sortir, sortir de l’entreprise pour aller écouter les clients”.

Bien écouter ses clients est encore plus important en période de crise.

Il y a cinq ans, la crise mondiale a sévèrement touché l‘économie, faisant naître une nouvelle exigence de compétitivité. Et comme toujours la nécessité génère l’invention.

“Les temps de crise sont propices à l’innovation, affirme Peter Lindholm, conseiller de la Banque Mondiale pour les innovations. Car chacun doit survivre mais aussi et surtout, celui qui aura investi pourra fabriquer de la croissance sitôt la crise terminée. Si vous avez de quoi investir, c’est le bon moment de le faire dans l’innovation. Les conditions psychologiques sont plus favorables car vous ne vous focalisez pas sur les innovations quand tout va bien. Quand vous devez survivre au contraire, il faut trouver des solutions”.

La Russie se trouve un peu dans ce cas de figure. Le premier ministre Dmitri Medvedev qui est intervenu au cours du forum, a réaffirmé l’engagement du gouvernement à soutenir l’innovation et la recherche.

Mais ces promesses ont souvent été faites et le manque de soutien à l’innovation en Russie est toujours visible. Aujourd’hui la croissance ralentit et l’Etat russe doit couper dans le budget de l‘éducation et réduire ses prestations sociales.
“Tant que le prix du baril sera élevé, affirmait récemment Igor Shuvalov, vice-premier ministre, aucun développement sérieux de l’innovation ne se produira”.

“C’est vrai qu’il peut être plus difficile pour le pays de développer les innovations quant il dégage une source d’argent permanente provenant des exportations de pétrole et de gaz, mais ça ne veut pas dire que nous n’y arriverons pas. Premièrement, le secteur des matières premières lui-même a besoin plus que jamais d’innover et puis en Russie, ajoute Oleg Fomichev, vice-ministre russe du développement économique, de nombreux secteurs qui n’ont pas de liens avec la production pétrolière et gazière sont présents directement sur les marchés mondiaux. Je veux parler du secteur des technologies de l’information qui a affiche une croissance annuelle à deux chiffres depuis deux ans”.

Il y a 20 ans, le secteur des technologies de l’information et l’innovation ont permis la transformation de l‘économie finlandaise basée sur les industries lourdes en une économie de la connaissance : information et communication.

La dernière crise et l‘évolution du marché mondial ont amené le pays vers de nouveaux défis. L’exemple de Nokia qui a vendu son activité dans les téléphones portables à Microsoft, est le plus frappant. Mais pour Pekka Soini, c’est un mal pour un bien; pas seulement pour Nokia mais aussi pour le pays.

“Nokia a supprimé beaucoup d’emplois dans la recherche et le développement en Finlande, en particulier au sein de son eco-système. Mais ces gens, environ 10.000 personnes – ajoute le Pdg de Tekes, une agence d’investissements finlandaise dans la technologie et l’innovation – sont en train de créer et de renforcer de nouvelles entreprises, apportant leurs compétences dans les technologies de l’information et de la communication à d’autres secteurs industriels. Donc je constate que c’est une occasion importante pour faire évoluer la Finlande vers quelque chose de nouveau”.

Dans la période économique difficile que vivent aussi bien les entreprises que l’Etat, les dépenses de recherche et développement permettent non seulement de survivre mais aussi de faire partie du “groupe de tête”.

“Innover ou mourir” affirmait il y a déjà fort longtemps Bill Gates, fondateur de Microsoft.