DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Le Royaume-Uni : drogues illicites, un marché de plusieurs milliards

Vous lisez:

Le Royaume-Uni : drogues illicites, un marché de plusieurs milliards

Taille du texte Aa Aa

La consommation de drogue

Les résultats des enquêtes menées dans tout le Royaume-Uni entre 2010 et 2012 et compilées par le ministère de la Santé (Departement of Health, DH), indiquent que la consommation de drogue, parmi la population en général, est demeurée stable depuis 2009/2010. Le cannabis conserve la première place comme la drogue la plus couramment utilisée.

Parmi les adultes (16-59 ans) interrogés, environ 35,6 % ont avoué avoir consommé une drogue illicite au cours de leur vie, dont environ 8,8 % dans l’année, et 4,8 % moins d’un mois auparavant.
Les hommes sont plus susceptibles de déclarer avoir consommé de la drogue que les femmes. Cependant, la différence est plus marquée dans les groupes plus âgés.
La plus faible consommation de drogues a été constatée en Irlande du Nord, tandis que l’Écosse, le Pays de Galles et l’Angleterre ont montré un niveau de consommation plus élevé.

Les drogues les plus consommées


Bien que le cannabis ait conservé sa position comme la drogue le plus couramment utilisée au Royaume-Uni, d’autres drogues se sont révélées être populaires dans différents groupes sociaux. Le cannabis, combiné avec des substances à inhaler, sont les substances les plus couramment utilisés chez les jeunes scolarisés en Angleterre, alors que l’ecstasy reste le stimulant le plus populaire parmi les clubbers (68%), suivie de la cocaïne (42%).

Les recherches menées dans les clubs “gay friendly” indiquent que la méphédrone est la drogue la plus utilisée dans ce milieu (41%). Une augmentation substantielle puisqu’une enquête similaire, réalisée l’année précédente, montrait une consommation de 27% de cette substance.

Le cannabis est également le produit le plus disponible en Angleterre et en Écosse, selon un rapport datant de 2012 du “United Kingdom Drug Situation”, également rédigé par le ministère de la Santé.

Dans toute l’Angleterre et le Pays de Galles, en 2011 et 2012, 75 % des personnes âgées de 16-59 ans ont déclaré qu’il était facile de se procurer des stupéfiants.

La proportion d‘élèves ayant reconnu que de la drogue leur avait déjà été proposée reste stable en 2011 à 29% d’entre eux, seulement 1% de plus par rapport à l’année précédente. Une diminution non négligeable puisqu’au début des années 2000 ce taux était d’environ 40 à 42% et restait assez élevé en 2009 avec 33%.

Selon les données recueillies en 2011, la moitié des jeunes de 15 ans en Angleterre se sont déjà vus proposer de la drogue, chiffre qui tombe à 10% des enfants de 11 ans. Le cannabis était la drogue la plus fréquemment offerte (19%), suivie de la cocaïne (6%). Parmi les élèves interrogés, 28% d’entre eux ont affirmé qu’il était facile de se procurer de la drogue ; 25% ont déclaré qu’il était au contraire difficile d’en trouver et les 47% restants ne savaient pas.

En Écosse, le nombre de personnes, jeunes compris, à qui de la drogue a déjà été proposée, a continué de baisser. En 2010/2011, 11,6 % des adultes de plus de 16 ans ont déclaré avoir déjà été confrontés à cette situation, soit une baisse de 1,3% par rapport à l’année précédente. On offre également plus facilement de la drogue aux hommes (15,9%) qu’aux femmes (7,6%). Un peu plus du tiers (35%) des jeunes adultes (16-24 ans) se sont vus proposer de la drogue en 2011, ce qui en fait la tranche d’âge la plus approchée.

L’analyse montre qu’en Écosse, ceux à qui on a offert une substance illicite au cours de cette période (2010/2011), ont été 43% à accepter d’en prendre. 28% ont affirmé avoir refusé.

Le cannabis était la drogue la plus fréquemment offerte aux élèves écossais, tel que rapporté par 9% des jeunes de 13 ans et 36% des jeunes de 15 ans.

Interrogés sur les nouveaux produits de synthèse (NPS), 6% des jeunes de 15 ans ont déclaré avoir été approché pour de la méphédrone , 2% pour du Spice et 1% pour de la benzylpipérazine (BZP). Cela reste inférieur aux drogues “traditionnelles” : 11% des jeunes de 15 ans ont déjà été approchés pour de l’ecstasy et 10% pour de la cocaïne.

Les élèves écossais ont également été interrogés sur la difficulté de se procurer de la drogue. 15% des jeunes de 13 ans et 41% des jeunes de 15 ans ont répondu qu’il était « facile  » d’en obtenir.

Les résultats compilés en 2011 par le “Young Person’s Behaviour and Attitudes Survey” (YPBAS) basé en Irlande du Nord ont montré que 15,2% des 12-16 ans avaient déjà consommé de la drogue au cours de leur vie ; 11,3% avaient consommé de la drogue dans l’année, et 7,1% en avaient consommé au cours du mois précédent l’enquête.

Jusqu‘à l‘âge de 15 ans, la drogue la plus prisée était les solvants. Parmi les élèves plus âgés, le cannabis était la drogue la plus couramment utilisée – 17% ont témoigné qu’ils en avaient récemment consommé, dont 10% au cours du mois précédent l’enquête. Les solvants et la cocaïne sont à la deuxième place des drogues les plus fréquemment utilisées chez les jeunes de 16 ans, suivis par l’ecstasy.

Trafic

Les réseaux de trafic et les chaînes d’approvisionnement en drogues sont bien établis au Royaume-Uni. Drogue la plus consommée, le cannabis est toujours importé en grandes quantités. Mais la culture du cannabis au Royaume-Uni a aussi connu une augmentation significative au cours des cinq dernières années.

La distribution de drogues au Royaume-Uni est décrite dans le rapport “United Kingdom Drug Situation” comme « ??de plus en plus complexe et diversifiée » (page 171). Par exemple, beaucoup de trafiquants importent et distribuent plusieurs types de stupéfiants. Les grandes villes, comme Londres, Birmingham ou encore Liverpool ont toujours été des centres de distribution de drogues importants, et elle continueront de l‘être, mais les plus petites villes sont désormais également touchées. En Écosse, l’héroïne provient essentiellement du nord-est de l’Angleterre (via Glasgow) et les groupes de crime organisé dans le Merseyside ont une influence importante sur l’approvisionnement en drogues au Pays de Galles.

La taille du marché des drogues illicites au Royaume-Uni a récemment été estimée entre 6,3 milliards et 7,9 milliards d’euros. En Écosse uniquement, on estime que le marché des stupéfiants pèse 1,7 milliard d’euros.

Les prix de gros de l’héroïne et du cannabis (sous forme d’herbe ou de résine) ont augmenté. La plupart des prix des drogues vendues dans la rue sont, eux, restés stables, à l’exception du cannabis, qui a connu une augmentation.

Prévention et traitement

La prévention sur les drogues en milieu scolaire est considérée comme une partie intégrante de la prévention de la toxicomanie au Royaume-Uni. D’autres mesures préventives comprennent des campagnes dans des médias de masse et des centres de prévention. Les campagnes nationales d’information sur la drogue ont été diffusées depuis plusieurs années à travers le Royaume-Uni.

Le service FRANK – offrant « ??un conseil amical et confidentiel sur la drogue? » – a été relancé en Angleterre. De la même manière, le site d’information Know the Score a été mis en place en Écosse et des fonds supplémentaires ont été apportés afin de financer de la formation sur les NPS. Le Pays de Galle fait état d’une utilisation accrue de sa ligne téléphonique d‘écoute alcool et drogues, appelée DAN et disponible 24h/24 et 7j/7.

Les centres de prévention en Angleterre incluent dans leurs actions le ‘Programme de diversion et de prévention Futurs Prometteurs’, qui vise à repérer les enfants et adolescents de 10 à 19 ans, considérés comme « à risque ». Le fonds écossais 14 to 19 fund de l’organisation ‘Inspiring Scotland’, qui vise à aider les jeunes en difficulté, a aussi récemment reçu de nouveaux investissements.

Le gouvernement a également promis d’apporter son soutien à la création d’une base de données regroupant des informations sur le logement ainsi que des preuves indiquant l’impact et l’efficacité des campagnes de préventions.
Le “Pooled Treatment Budget” (PTB ) en Angleterre reste stable à 485,3 millions d’euros. Il comprend désormais une notion de « guérison » dans l’allocation, calculée à partir du nombre de patients qui quittent le traitement guéris de leur dépendance et qui ne reviennent pas en cure dans les six mois qui suivent.

Les données venant d’Écosse montrent que, entre avril et juin 2012, l’objectif qui voulait que 90 % des dépendants aient accès à un traitement dans les trois semaines a été atteint plus tôt que prévu.

Dans l’ensemble du Royaume-Uni, il y a eu une diminution du nombre total de demandes de traitement entre 2009 et 2011. Selon le rapport “United Kingdom Drug Situation”, « le cannabis représente aujourd’hui un cinquième de tous les traitements pour sevrage et un tiers des premières demandes. »

La politique anti-drogue du Royaume-Uni


Les dépenses publiques inscrites au budget concernant les stupéfiants sont estimées à 1,3 milliards d’euros. Cela représente une baisse d’au moins 0,5%. Les dépenses non budgétées en matières de drogues sont estimées à 7,5 milliards d’euros ; elles comprennent les coûts pour faire respecter la loi sur les stupéfiants, la criminalité liée aux stupéfiants, les dépenses médicales, les services sociaux et les aides sociales. 70% de cette somme serviraient à eux-seuls à couvrir les coûts pour faire respecter la loi sur les stupéfiants.
> Lire notre article sur la politique anti-drogue du Royaume-Uni

Sources :

Sources principales
[En anglais]

Sources secondaires
[en anglais, sauf mention contraire]