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Les présidents sud-américains sont des twitteurs invétérés

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Les présidents sud-américains sont des twitteurs invétérés

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Les chefs d’Etat d’Amérique du Sud n’ont pas attendu le succès de Twitter en Bourse pour s’emparer du réseau social. Cela fait plusieurs années qu’ils profitent de son impact politique, ils s’en servent au quotidien pour faire clairement leur propagande, pour pousser des “coups de gueule” ou se lancer dans des envolées lyriques très latines. Chacun a bien sûr son propre style, et certains exposent de temps à autre leur vie privée, histoire de montrer qu’ils ne sont pas différents du “bon peuple”. Quelques-uns de ces dirigeants sud-américains se laissent aller parfois à des confidences, mais aucun n‘échappe aux habituelles banalités échangées sur les réseaux sociaux dans le monde entier.

Faisons un petit tour sur leurs comptes Twitter en collectionnant des exemples. Honneur aux dames, la présidente du Brésil et la présidente d’Argentine.

Selon des études statistiques, l’Argentine Cristina Kirchner est actuellement la dirigeante dont les messages sont les plus lus sur le continent sud-américain. Près de 2,5 millions de personnes sont abonnées à son compte, elle peut twitter plusieurs dizaines de fois par jour. Fin mars dernier, Cristina Kirchner a déterré la hache de guerre contre le Royaume-Uni en mettant une nouvelle fois en cause sa souveraineté sur l’archipel des Malouines. “Un territoire britannique à plus de 12.000 kilomètres de distance, a-t-elle twitté, cette idée ne pourrait même pas être défendue devant des enfants de trois ans !”

La présidente argentine flatte habilement la fibre patriotique dans cet autre tweet : “L’Argentine est le premier pays latino-américain capable de fabriquer des satellites et de les exporter. Sur le continent américain, il y a seulement nous et les USA”.



Cristina Kirchner peut aussi montrer de la fragilité. Début octobre, elle a été opérée d’un hématome à la tête. Fin septembre, lors d’un passage à vide, elle se confiait à un ami : “Quand j’ai lu ton message, j’ai failli me mettre à pleurer. Tu sais quoi ? Je rends grâce à Dieu d’avoir vécu tout ce que j’ai vécu”.


La présidente du Brésil, Dilma Rousseff, avait la particularité de posséder deux comptes sur Twitter, un vrai et un faux ! Jeferson Monteiro, un étudiant de 23 ans, avait en effet créé un compte sosie de celui de la chef d’Etat, réussissant à attirer 60.000 abonnés. Quand les services de la présidence s’en sont aperçu, Dilma Rousseff a préféré prendre cela à la rigolade. Elle a même invité le jeune “pirate” brésilien au palais présidentiel.

La dirigeante brésilienne partage aussi sur le réseau social son goût pour les fleurs, particulièrement pour les orchidées.


Le président du Venezuela, Nicolas Maduro, s’est lancé sur Twitter il y a seulement quelques mois, mais il a mis les moyens. Ses messages sont rédigés en quatre langues, dont le français. Il est prolifique, avec une moyenne quotidienne d’une quarantaine de tweets, mais il est difficile de faire aussi bien que son mentor défunt, Hugo Chavez. Nicolas Maduro ne trahit pas le style de ce dernier, ne ratant pas une occasion de pourfendre “l’impérialisme” américain et l’opposition de droite. Fin octobre, il a dénoncé “une attaque massive de Twitter pour supprimer plus de 6.500 abonnés à son compte”. Il accuse l’opposition vénézuélienne d‘être complice.

A chaque anniversaire de la naissance ou de la mort de ses héros, le président vénézuélien leur rend hommage en postant une photo. L’hymne à Hugo Chavez est permanent : “7 mois après ton départ, Commandant, tu restes avec nous, en rendant plus agréables nos jours de bataille pour la patrie”.


Autre commandant, autre époque, Nicolas Maduro partage sur Twitter son culte pour Che Guevara : “Ceux qui t’ont tué pensaient ainsi te faire disparaître de l’Histoire, aujourd’hui, tu es un symbole de l’humanité et de la rébellion”.


Pas de révolution sans romantisme. Le président du Venezuela montre aussi qu’il a une vie de couple : “En attendant la pluie dans la montagne, en faisant de l’exercice et renforçant sa santé physique et mentale”.


Le président du Chili, Sebastian Pinera, communique sur Twitter de manière très formelle. La plupart du temps, il se contente d’informer ses abonnés sur son programme officiel, y compris lorsqu’il est en voyage. On peut le suivre à la trace, du départ de l’avion ( “Nous sommes prêts à partir” ) jusqu‘à l’arrivée ( “Nous sommes en Thaïlande” ).
Il n’oublie pas cependant de souligner l’importance de son action : “Nous délivrons les terrains pour la construction du plus grand télescope du monde. Il sera installé sur la montagne Armazones, tout près de Paranal”.


Le 20 octobre dernier, en visitant un zoo avec ses neveux, le dirigeant chilien a toutefois joué la carte humoristique pour améliorer sa popularité : “En train de nourrir les lémuriens, vous vous rappelez du film Madagascar ?”