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Qui pense encore du bien de l'Europe ?


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Qui pense encore du bien de l'Europe ?

La construction d’une Europe nouvelle est une démarche positive pour les uns, négative pour les autres. Alors qu’on parle d’un fossé grandissant entre l’Europe et sa population, les responsables politiques font face à un défi majeur. Mais dans certains pays, l’intérêt pour l’Union atteint des niveaux record. C’est le cas à Malte. L‘île fait d’ailleurs des envieux au sein des Etats-membres qui ont du mal à intéresser leurs citoyens à l’Europe.

D’après un récent sondage eurobaromètre, 81% des Maltais se sentent européens. Ils se placent juste derrière les Luxembourgeois qui détiennent le record. La Bulgarie, la Grande-Bretagne, Chypre et la Grèce affichent les plus mauvais scores.

S’il y a dix ans, à Malte, l’adhésion n’a été approuvée par référendum qu‘à 53%, reste que le scrutin européen lui-même mobilise : lors des élections de 2009, l‘île a enregistré la plus forte participation parmi les pays où le vote n’est pas obligatoire.

Nous avons rencontré une jeune femme travaillant dans les relations publiques qui s’avère être une grande europhile. “Ce qui plaît,” assure Vivienne Bajada, “c’est cette idée d‘échanger avec des étudiants et des citoyens à l‘étranger qui s’intéressent aux mêmes choses que vous et qui veulent voir réussir l’Europe, l’idée européenne et les Etats-membres,” ajoute-t-elle, “quand on parle de ces sujets avec d’autres Européens, ce sont les mêmes choses qui ressortent.”

Vivienne a participé à Malte, à l’un des dialogues avec les citoyens organisés par la Commission européenne depuis le début de l’année à travers l’Europe. Une manière pour Bruxelles d’alimenter au niveau local, le débat sur l’avenir de l’Union. En tout cas, le sujet intéresse déjà ici : “évidemment, il y a des difficultés à court terme dont il faut s’occuper, mais c’est bien d‘être Etat membre, c’est avantageux d’avoir à nos côtés des économies de grande envergure,” estime un habitant de La Valette. “On a augmenté certains impôts,” regrette une autre avant de poursuivre : “mais c’est une bonne chose parce que l’Europe nous a aidé en matière d’emploi et d’infrastructures.”
“On a progressé un peu,” assure une autre, “du fait que nous devions nous conformer à certaines réglementations et législations qui sont bénéfiques pour le pays.”
“Je n’ai rien contre les populations parce que nous sommes tous Européens,” dit un dernier, “mais je pense que l’Europe est un club pour les riches et que Malte ne se débrouille pas bien du tout depuis son entrée dans l’Union, le coût de la vie a augmenté,” dénonce-t-il.

Même s’il a mené campagne contre l’adhésion il y a dix ans, le Premier ministre maltais s’est engagé à défendre la place de son pays en Europe. D’après les experts, les avantages économiques pour cette île de 420.000 habitants sont indéniables si bien qu’aujourd’hui, il existe un consensus au niveau politique sur l’appartenance à l’Union. Selon le professeur Roderick Pace de l’Institut pour les études européennes (Université de Malte), “il y a un lien entre la performance économique du pays et le soutien de la population à l’Europe. En l’occurrence,” ajoute-t-il, “l‘économie maltaise s’en est plutôt bien sortie et cela explique – du moins en partie – pourquoi le soutien à l’Europe est aussi fort ici.”

Les Maltais sont plutôt europhiles et ce malgré les inquiétudes grandissantes au sujet de l’immigration illégale. Un domaine dans lequel Malte est malgré elle aux avant-postes en Europe.
Cet intérêt pour l’Union peut aussi avoir une autre raison : la forte présence de la politique dans la société maltaise.

Beaucoup estiment à l‘échelle européenne qu’il faut encourager le débat et entendre les préoccupations des populations, mais aussi mieux informer sur les droits et leur intérêt pour les citoyens. Dans les enquêtes, même les Maltais disent ne pas en savoir assez sur leurs droits.

Dans la capitale La Valette, des entrepreneurs participent ce jour-là à une réunion d’information de la Commission européenne. D’après son représentant sur l‘île, la clé, c’est de s’adresser à des groupes bien spécifiques. “Cela ne sert à rien de parler à tout le monde sur tous les sujets tout le temps, cela revient à parler dans le vide,” lance Martin Bugelli, “donc on essaie de viser des petits groupes sur des thèmes particuliers : dans le cas d’entrepreneurs, on peut leur expliquer comment obtenir des financements ; s’il s’agit de professionnels du tourisme, on peut leur montrer les avantages de l’assurance maladie et avec les jeunes, on peut évoquer la réglementation des frais d’itinérance pour les appels internationaux.”

D’ici les élections européennes, Bruxelles devra en tout cas tenter de balayer une idée reçue : 67% des Européens estiment que leur voix ne compte pas dans l’Union.

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