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Un footballeur français bloqué au Qatar désespère de pouvoir rentrer dans son pays


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Un footballeur français bloqué au Qatar désespère de pouvoir rentrer dans son pays

A cause d’un conflit avec son ancien employeur, un club de foot, un footballeur français se retrouve bloqué au Qatar, sans visa de sortie ni possibilité de rentrer en France.

Zahir Belounis, 32 ans, est coincé dans ce pays du Golfe avec sa femme et leurs deux jeunes filles, après qu’il ait intenté une action en justice contre le club de El-Jaish, leur réclamant deux ans de salaires non-perçus.

« Je ne pense pas pouvoir supporter la situation un peu plus longtemps. Je suis désespéré, » confie Belounis, par téléphone, à euronews ce jeudi matin. «Je ne suis pas un criminel. Je n’ai rien fait de mal. S’il vous plait, aidez-moi ». Belounis, qui a joué en France, en Suisse et en Malaisie, s’est vu refusé la permission de quitter le Qatar tant qu’il n’accepte pas de retirer son action en justice.

« Il a tout vendu. Il n’a même plus de lit » raconte Mahdi, frère de Zahir, dans une interview téléphonique. « Il a vendu sa télé, les lits de ses enfants. Même leurs jouets. Tout ce qu’il avait. Même sa voiture ».

Il ajoute : « Lorsqu’on retire sa plainte, on doit signer un document reconnaissant que le club ne vous doit rien. Mais après ça, plus aucun espoir de récupérer quoique ce soit ».

Les appels d’euronews auprès d’El Jaish et de la Qatar Football Association pour recueillir leurs points de vue sur l’affaire sont restés sans réponses.

FIFPro, le syndicat international des footballeurs, situé aux Pays-Bas, a demandé mercredi à Sepp Blatter, le président de la FIFA, « d’unir la famille du foot international et d’enfin mettre fin à l’impasse ». Mais l’organe de direction du foot mondial s’est déclaré impuissant dans le cas Belounis.

« La FIFA n’est pas capable d’intervenir dans l’affaire car M.Belounis a choisi l’option de la porter devant un tribunal qatari ordinaire au lieu de l’autre solution qui s’offrait à lui, la Chambre de Résolution des Disputes de la FIFA, » a déclaré la Fédération dans un communiqué. « La FIFA n’a pour l’instant reçu aucune revendication contractuelle de la part de Zahir Belounis contre son club qatari, ni aucun document additionnel pour défendre son cas ».

La FIFPro dit que Belounis a rejoint le club d’El-Jaish en 2007. Il a ensuite prolongé son contrat jusqu’en juin 2015 mais à partir de novembre 2011, son club a arrêté de lui payer son salaire, ce que le syndicat qualifie de « violations basiques des droits de l’Homme ».

Le président français François Hollande a même évoqué la situation de Zahir Belounis lors de sa visite au Qatar en juin dernier, mais l’intervention de l’Elysée n’a pas réussi à mettre fin au blocage.

Belounis dit qu’il est victime du système de programme de parrainage « kafala » qatari, qui empêche les travailleurs ainsi parrainés de quitter le pays sans la permission écrite de leur employeur.

Le droit du travail qatari est pointé du doigt depuis que le pays a été désigné pour organiser la Coupe du Monde de football en 2022, au lieu de l’Australie, les Etats-Unis, le Japon ou de la Corée du Sud. Les autorités locales ont été accusées de violer les droits des travailleurs étrangers qui construisent les nouveaux stades et les infrastructures.

François Crépeau, le rapporteur spécial des Nations unies pour les droits des migrants, vient de terminer ce dimanche une enquête de huit jours sur les conditions de travail au Qatar.

Selon l’AFP, il explique que « de nombreux migrants font face à des violations des droits de l’Homme sur leur lieu de travail. (…) Je suis aussi préoccupé par le nombre d’accidents du travail sur les chantiers et les conditions de travail causant des blessures ou des morts ».

Crépeau, se faisant l’écho de demandes faites par l’ONG Human Rights Watch et la Confédération Internationale des Syndicats, à lui aussi demandé au Qatar de supprimer le programme de parrainage kafala.

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