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Le père politique de la pilule, Lucien Neuwirth, est mort

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Le père politique de la pilule, Lucien Neuwirth, est mort

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Lucien Neuwirth, père de la pilule contraceptive et gaulliste historique, est mort à 89 ans.

Il est mort peu après minuit des suites d’une infection pulmonaire, à l’hôpital Rossini-Sainte-Périne à Paris, a précisé son épouse, Sophie Huet, journaliste au Figaro.

Né le 18 mai 1924 à Saint-Etienne il s’est engagé à 16 ans dans la Résistance. Longtemps député puis sénateur de droite, Lucien Neuwirth avait réussi, dans la France très conservatrice d’avant 1968, à faire adopter en 1967, contre la majorité de son camp, la loi autorisant la contraception.

Adhérent au RPF à la Libération, il commence sa carrière politique comme conseiller municipal puis adjoint au maire de sa ville natale. C’est là qu’en 1957, il fait la connaissance du mouvement Maternité heureuse, qui deviendra le Mouvement français pour le planning familial. Il avait été marqué par le souvenir d’une femme qui lui avait confié, alors qu’il s’occupait des affaires sociales de la mairie : “Moi, j’en ai assez, chaque fois que mon mari rentre saoul, il me fait un gosse !”

La loi Neuwirth

C’est le 28 décembre 1967, après bien des invectives au Parlement, que sa loi relative à la régulation des naissances, dite “loi Neuwirth”, est votée puis promulguée : elle autorise la fabrication et l’importation de contraceptifs, leur vente exclusive en pharmacie sur ordonnance médicale, avec autorisation parentale pour les mineures. Il faudra cependant attendre 1972 pour que les derniers décrets d’application soient pris.

Ce texte lui a valu d‘être qualifié de “malfaiteur public” sur les bancs du Sénat. Au Parlement, “j’ai tout entendu”, racontera-t-il plus tard. Il avait pourtant obtenu l’aval du général de Gaulle pour présenter son texte même si le chef de l’Etat, très nataliste, n’y était pas, au départ, favorable. De nombreuses personnalités, à commencer par Yvonne de Gaulle, ne voulait pas non plus de cette loi, les associations catholiques ou l’ordre des médecins notamment.

Pourquoi ce combat contre son camp ? “J’ai été élevé par deux femmes exceptionnelles, raconte-t-il dans une interview enregistrée en 1981, en compagnie de sa fille et de sa petite-fille. (…) Pour moi, hommes et femmes c’est pareil”, ajoute-t-il en soulignant que nombre de ses compagnes de la Résistance ont été agents de liaison ou parachutistes, comme lui, et que plusieurs d’entre elles sont tombées sous les coups de l’ennemi.

A Londres déjà, où il était arrivé à 17 ans, “l‘âge des premiers émois”, dit-il, il avait découvert un contraceptif féminin, le “gynomine”, et en pourvoyait généreusement ses amis, gagnant ainsi son surnom de “Lulu la pilule”…

Avec AFP