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La France divisée sur la prostitution et sur la pénalisation des clients

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La France divisée sur la prostitution et sur la pénalisation des clients

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La prostitution à nouveau en débat en France.

Des associations féministes font campagne pour une nouvelle loi, contrairement au planning familial ou au Syndicat du travail sexuel, le Strass, qui estiment que le texte risque de pousser davantage de prostituées vers la clandestinité.

Alors, que dit ce projet de loi à l‘étude, ce vendredi, dans une assemblée nationale quasiment vide ? Il prévoit notamment de pénaliser les clients d’une amende de 1500 euros et d’abroger le délit de racolage passif.

Nicole Ameline, députée UMP du Calvados et présidente du Comité de lutte contre les discriminations faites aux femmes à l’ONU, votera le texte.

“Il faut naturellement lutter contre les réseaux parce que c’est la première urgence”, indique-t-elle. “Mais il faut aussi responsabiliser et je crois que ce texte responsabilise. Est-ce que c’est normal d’acheter le corps d’une femme ?”

Le texte s’inspire de l’exemple de la Suède qui sanctionne les clients depuis près de 15 ans. La prostitution de rue y aurait été divisée par deux en dix ans.

Mais pour cette prostituée argentine, qui offre ses services depuis huit ans à Paris, cette loi est plutôt un handicap.

“Je serai obligée de migrer dans un autre pays. Pour moi, l’unique solution c’est de partir à l‘étranger”, dit-elle.

Pour Thierry, qui manifeste aux côtés des travailleuses du sexe, la prostitution “est un mal nécessaire. La prostitution est une soupape de sécurité. Cela peut éviter des viols, des meurtres, des agressions sexuelles, des divorces pourquoi pas…Et aussi, toute une partie de la population qui n’a aucune activité sexuelle.. Sans les prostitués, comment feraient-ils ?”

Des arguments qui font bondir les associations féministes.

Le texte ne fait pas l’unanimité au sein du groupe socialiste qui devrait cependant l’approuver, tout comme le Front de gauche.

Les écologistes sont divisés et l’UMP pourrait choisir de s’abstenir.

Le vote devrait avoir lieu en début de semaine dans l’hémicycle avant de partir au Sénat.