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Afghanistan, Corée du Nord et Somalie, pays perçus comme les plus corrompus

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Afghanistan, Corée du Nord et Somalie, pays perçus comme les plus corrompus

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L’Afghanistan, la Corée du Nord et la Somalie sont perçus comme les pays les plus corrompus du monde tandis que le Danemark et la Nouvelle Zélande le seraient le moins, selon l’index annuel de l’organisation Transparency International publié mardi.

Cette Organisation basée à Berlin estime que près de 70% des nations dans le monde sont considérées comme un “problème sérieux” de vénalité parmi leurs fonctionnaires. Et aucun des 177 pays étudiés en 2013 n’obtient un score parfait.

“La corruption affecte le plus les pauvres”, commentait pour l’AFP l’un des chercheurs de cette organisation, Finn Heinrich. “C’est ce qui ressort du classement: les pays les plus corrompus sont les plus pauvres et, dans ces derniers, ce sont les moins nantis qui en souffrent le plus. Jamais ces nations ne sortiront de la pauvreté si elles ne combattent pas la vénalité”, ajoute-t-il.

Parmi les pays qui ont le plus perdu de points dans l’index 2013 se trouvent la Syrie, déchirée par la guerre civile, ainsi que la Libye et le Mali, tout deux en proie à des conflits militaires majeurs ces dernières années.
“La corruption va très souvent de pair avec l‘éclatement d’un pays, comme vous pouvez le voir en Libye et en Syrie, deux pays qui ont enregistré la plus forte aggravation de la corruption”, ajoute M. Heinrich.

“Si vous regardez les pays en bas du classement, vous trouvez aussi la Somalie. Ce sont des pays où le gouvernement ne fonctionne pas de façon efficace et les gens doivent recourir à toutes sortes de moyens pour obtenir des services, se nourrir et survivre”.

En Afghanistan, d’où les forces armées de l’Otan comptent se retirer l’an prochain après y être restées plus d’une décennie, “nous n’avons pas observé de progrès tangibles”, constate-t-il.

En queue de peloton également, la Corée du Nord, “une société totalitaire complètement repliée sur elle même”, où des transfuges racontent que la famine aggrave encore la corruption “car vous avez besoin de connaître quelqu’un de corrompu au sein du parti pour survivre”.

Et en haut du classement, entre 80 et 89, on trouve à côté du Danemark et de la Nouvelle Zélande le Luxembourg, le Canada, l’Australie, les Pays-Bas, la Suisse, Singapour, la Norvège, la Suède et la Finlande. La France obtient en 2013 un score de 71, identique à celui de 2012, ce qui la classe au 22è rang sur 177 pays.

Parmi les pays qui “se sont le plus améliorés”, bien que partant de très bas, la Birmanie, où la junte militaire au pouvoir a ouvert la porte à un processus de démocratisation. Ce pays, qui a vu les investissements bondir, s’est engagé à respecter des règles de transparence.

“C’est la seule façon qui permette aux pays d‘éviter ce que l’on pourrait appeler la malédiction des ressources, c’est-à-dire le fait que les ressources soient seulement disponibles pour une très petite élite”, dit M. Heinrich. “C’est notamment le cas du Nigéria et d’autres pays prospères grâce à leur richesse pétrolière”.

“Tous les pays sont menacés de corruption, à tous les niveaux de gouvernement, aussi bien quand il s’agit de délivrer un permis local que lors de la mise en vigueur de lois et de régulations”, met en garde la Canadienne Huguette Labelle, présidente de Transparency.

Transparency International, organisation non gouvernementale, établit chaque année un indice de perception de la corruption au sein des partis politiques, de la police, du système judiciaire et des services publics dans tous les pays, un fléau qui sape le développement et le combat contre la pauvreté.

L’organisation souligne qu’il est impossible de mesurer à proprement dit la corruption puisque cette dernière est illégale et dissimulée. Pour établir son indice, Transparency rassemble des avis d’experts du problème au sein d’organisations telles que la Banque mondiale, la Banque africaine de Développement, la Fondation allemande Bertelsmann, etc.
Elle classe les pays sur une échelle de 0 à 100, la nation obtenant “zéro” étant celle perçue comme la plus corrompue.

AFP