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Russie : Poutine rebat les cartes du paysage médiatique

Le président russe Vladimir Poutine a nommé lundi un présentateur controversé, connu pour ses commentaires tranchés contre l’opposition ou encore les homosexuels, à la tête d’une grande agence de presse publique tournée vers l‘étranger.

Dmitri Kisselev, présentateur du journal d’information analytique hebdomadaire Vesti Nedeli sur la chaîne publique Rossia, qui diffuse régulièrement des reportages critiques sur l’opposition, anti-américains ou anti-gays, a été nommé à la tête de l’agence de presse Rossia Segodnia (La Russie Aujourd’hui), selon un décret du président Poutine, publié sur le site du Kremlin.

Cette structure doit englober la principale agence de presse publique russe, Ria-Novosti et la radio internationale Golos Rossii (la Voix de la Russie), qui émet en 31 langues, qui cessent d’exister de manière indépendante.

L’objectif principal est d’améliorer l’information du monde extérieur sur “la politique publique russe et la vie sociale en Russie”, précise le décret. “La Russie poursuit une politique indépendante, défend fermement ses intérêts nationaux; ce n’est pas facile de l’expliquer au monde entier, mais on peut et il faut le faire”, a souligné le chef de l’administration présidentielle, Sergueï Ivanov, cité par les agences russes.

Un nouveau patron controversé

Dmitri Kisselev est notamment connu pour avoir estimé nécessaire d’interdire aux homosexuels d‘être donneurs de sang et de “brûler leurs coeurs, en cas d’accident, comme inaptes à faire durer la vie de quelqu’un d’autre”.

Il a également comparé la campagne électorale de l’opposant russe Alexeï Navalny pour les élections municipales de septembre à Moscou à celle menée par Hitler lors de son arrivée au pouvoir en Allemagne.

Il a estimé que la Guerre froide avec les Etats-Unis ne faisait que “s’intensifier”.

L’annonce de la nomination de M. Kisselev, ainsi que la réorganisation de l’agence Ria-Novosti, qui a bénéficié ces dernières années d’un financement public important pour développer notamment ses services en langues étrangères, a été accueillie avec scepticisme par certains journalistes. “En Russie, tout ce qui ne fait que de la pure propagande échoue toujours”, a déclaré le secrétaire de l’Union des journalistes russe, Pavel Goutiontov, à la radio Echo de Moscou.

Le Kremlin aspire depuis plusieurs années à améliorer l’image de la Russie à l‘étranger où Moscou est souvent critiqué pour la répression de l’opposition et le contrôle strict sur la société civile.

En 2005, une chaîne internationale d’information, Russia Today (RT), financée par l’Etat russe, a déjà été créée à cette fin et émet en anglais, espagnol et arabe.

La chaîne a recruté en 2012 le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, pour une série d’interviews réalisées depuis Londres, et dont la première était consacrée à Hassan Nasrallah, le chef du mouvement chiite libanais Hezbollah.

(avec AFP)

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