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Iran : une délégation du Parlement européen en route

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Iran : une délégation du Parlement européen en route

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Pour la première fois depuis près de six ans, une délégation du Parlement européen est en route pour l’Iran. Objectif : rétablir le contact. Comme espéré, l’accord de Genève sur le nucléaire iranien entr’ouvre d’autres portes. Et bien que l’Europe maintienne de nombreuses sanctions contre le régime iranien, l’heure est au dégel.

L’accord conclu fin novembre sous les auspices de la chef de la diplomatie européenne est préliminaire et ne couvre que six mois. Téhéran s’y engage à interrompre la production d’uranium faiblement enrichi, à cesser le développement d’un réacteur pour produire du plutonium ou encore à laisser les inspecteurs accéder aux sites demandés.
En contrepartie, les Occidentaux s’engagent à alléger les sanctions économiques pour un montant d’environ 7 milliards de dollars. Ils suspendent aussi les sanctions sur l’or, les métaux précieux ou encore les exportations pétrochimiques du pays.
Mais beaucoup reste à faire. Début janvier, les négociateurs doivent se retrouver pour discuter de nouvelles mesures pratiques et d’une meilleure visibilité sur la nature réelle du programme nucléaire iranien.

S’il y a eu déblocage, l’arrivée à la présidence du modéré Hassan Rohani y est pour beaucoup. Soucieux de rompre l’isolement de son pays qui l’a conduit à la quasi-paralysie économique, Rohani a joué l’ouverture. Reste à savoir jusqu’où il est prêt à aller.

Tarja Cronberg est députée européenne et présidente de la délégation du Parlement européen pour les relations avec l’Iran. Nous l’avons interviewée.

euronews : “ Qu’espérez-vous de cette visite ? “

Tarja Cronberg : “ Les délégations du Parlement européen vont en Iran et ensuite un représentant iranien vient nous rendre visite. La dernière fois, ce sont les Iraniens qui sont venus au Parlement européen, aujourd’hui c’est à notre tour d’y aller. C’est aussi notre initiative. “

euronews : “ Qu’y a t il sur votre liste ? Qu’allez-vous visiter et qui allez-vous voir ? “

Tarja Cronberg : “ Le plus important pour nous c’est bien sûr d’aller au Parlement iranien car c’est la question du dialogue inter-parlementaire qui nous intéresse. Mais nous voulons aussi rencontrer le gouvernement et les représentants de la société civile. C’est important de parler avec des représentants de la société civile et pas qu’avec le gouvernement. Nous voulons aussi rencontrer des responsables de l’ONU qui travaillent par exemple dans la lutte contre le trafic de drogue, et aussi d’autres institutions. “

euronews : “ Envisagez-vous de soulever la question des droits de l’homme en Iran ? “

Tarja Cronberg : “ Bien sûr. Parler des droits de l’homme au Parlement est un point de départ très naturel. Poser des questions et aussi expliquer le point de vue du Parlement européen. Le gouvernement iranien s’est lui aussi montré ouvert à la discussion sur ces questions. “

euronews : “ Cela fait six ans, plus de six ans maintenant, qu’il n’y a pas eu de visite d’eurodéputés en Iran. D’après-vous, qu’est-ce qui a changé ? “

Tarja Cronberg : “ Je pense qu’il y a une ouverture vers l’Occident.
L’Iran a été très isolé ces dernières années et il y eu des pressions de l’Occident pour l’isoler totalement. Maintenant qu’ il y a une ouverture , c’est la première tentative pour voir si cela fonctionne, il y a des conditions pour un bon dialogue. “

euronews : “ En dehors de cela, y a-t-il autre chose que vous souhaitez faire ? “

Tarja Cronberg : “ Eh bien, je pense que l’une des choses les plus importantes pour nous, c’est que l’an dernier le Parlement européen a décerné le prix Sakharov à deux Iraniens, Mr Panahi et Mme Sotudeh. Nous espérons les rencontrer. “