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Scandale de la viande de cheval de laboratoire : Sanofi porte plainte

Et de deux cette année ! Un deuxième scandale touchant la viande de cheval a éclaté en France. Des chevaux utilisés comme cobayes par des laboratoires, impropres à la consommation, se sont pourtant retrouvés sur le marché alimentaire. Des animaux provenant de centres équestres auraient aussi terminé leur course dans les assiettes. 21 personnes ont été interpellées lundi à la suite d’une enquête menée par la section de recherches de la gendarmerie de Montpellier, dans l’Hérault. Le vaste coup de filet a eu lieu dans onze départements français dans le cadre d’une information judiciaire dirigée par le pôle de santé publique du tribunal de Marseille. En Espagne, la garde civile mène une opération parallèle dans la province de Gérone.

Les gendarmes déployés dans les régions du Languedoc-Roussillon, du Midi-Pyrénées, de Provence-Alpes-Côte d’Azur et de Rhône-Alpes ont arrêté des négociants en viande, quatre vétérinaires et un marchand de chevaux. Ce dernier travaillait avec un grossiste en viande basé à Narbonne, dans l’Aude, qui est soupçonné d‘être l’organisateur du trafic. Des perquisitions ont également été réalisées dans des abattoirs, notamment celui de Narbonne. Une centaine de faux certificats ont été saisis. Selon le procureur de Marseille, les vétérinaires signaient parfois sans avoir vu les chevaux concernés. Le marchand de chevaux s’approvisionnait notamment dans une ferme appartenant au laboratoire Sanofi Pasteur à Alba-la-Romaine, en Ardèche.

Durant les trois dernières années, Sanofi Pasteur a revendu 200 de ses chevaux réformés à des marchands, des écoles vétérinaires ou des particuliers. 60 ont été remis dans le circuit de l’alimentation. “L’un de ces marchands a trahi sa parole, indique à Euronews Alain Bernal, porte-parole du laboratoire, et nous portons plainte”. Sanofi a en effet décidé de se constituer partie civile. “L’acheteur de nos chevaux doit obligatoirement signer une attestation dans laquelle il s’engage à ne pas les faire passer dans la filière alimentaire”, explique Alain Bernal. Ces animaux sont rachetés au bout de trois ans pour une somme très modique mais ils sont encore en forme, assure Sanofi Pasteur. “Ils vivent comme dans une ferme normale et sont bien soignés, poursuit Alain Bernal. Nous les utilisons pour produire des sérums contre la rage, le tétanos ou le venin de serpent. En leur injectant des vaccins faits pour l‘être humain, ils fabriquent des anticorps en grosse quantité qui seront utilisés pour les sérums”.

“Ce n’est pas parce que cette viande de cheval est impropre à la consommation qu’elle est nuisible à la santé”, a indiqué ce mardi le procureur de Marseille. Début 2013, c’est aussi dans le département de l’Aude qu’un premier scandale avait éclaté. L’entreprise Spanghero revendait de la viande chevaline en la faisant passer pour du boeuf. Cette viande avait servi à préparer des plats cuisinés vendus par des supermarchés et des grandes marques. Les députés français viennent de voter en faveur d’un étiquetage pour signaler le pays d’origine des viandes dans les plats préparés, mais la Commission européenne semble réticente. Elle affirme qu’une telle obligation entraînerait pour les industries du secteur alimentaire des coûts supplémentaires de 15% à 50%.

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